mardi 27 mai 2008

Neverwhere de Gaiman

Bonjour,
Il y a plusieurs mois (années?), j'avais lu "American Gods" de Neil Gaiman. Une véritable claque littéraire. L'histoire des anciens dieux luttant contre les nouveaux dieux étaient tout simplement jouissive, racontée avec une plume merveilleuse!
Pourtant, les fans de l'auteur m'avaient conseillé de lire Neverwhere qui, d'après eux, étaient bien meilleur que l'autre.
N'osant pas franchir le pas durant longtemps, de peur d'être déçu, j'ai tout de même acheté le livre récemment.
En moins d'une semaine, je l'ai dévoré...

Un livre parfait. Une histoire qui, si elle n'a rien d'extraordinaire, n'en n'est pas moins réussie et parvient à tenir le lecteur captif dans ses ficelles. On avance avec les personnages, on découvre le monde du Londres d'En Bas avec Richard, le personnage principal de l'histoire. Les protagonistes sont tous riches en symboles et ont tous une identité forte et inoubliable.
Que ce soit le Marquis de Carabas, Porte, Chasseur, Les Parle-aux-rats, ou MM Croup et Vandemar... Tous vont rester dans mon esprit comme sources d'inspiration...

L'histoire se résume assez rapidement. Richard Mayhew, un londonien typique, ayant travail et compagne, découvre une jeune fille blessée sur le trottoir alors qu'il se rendait à un rendez-vous très important pour sa future femme. C'est en décidant de ne pas laisser cette fille sur le trottoir que sa vie va basculer. L'amenant à découvrir une nouvelle facette de Londres, à rencontrer des personnages mythiques et fantastiques...
L'intrigue ne se dévoile qu'à la fin et n'amène pas de déception majeure. Si la fin ne m'a pas époustouflé, il n'en reste pas moins qu'elle est extrèmement visuelle! On ne peut s'empêcher d'imaginer les scènes, les descriptions sont cinématographiques, les dialogues parfaitement réussis... Rien à redire.
L'auteur, en plus de maîtriser son sujet et de ne pas nous perdre dans des détails insignifiants, parvient à créer un chef-d'oeuvre! Le livre ne contient rien en trop, on ne se demande pas si des choses auraient pu être ajoutées ou quoi... Parfait!

Personnellement, j'ai adoré Porte et son pouvoir, Croup et Vandemar qui par leur décalage et leur façon d'être sont attachants comme pourrait l'être un piranha en train de suffoquer sur le bord d'un fleuve...

Si je devais noter ce livre, je lui donnerais un bon 18/20. Pas plus simplement parce que la fin ne m'a pas "transporté", mais qu'elle n'est pas décevante pour autant, loin de là.
On a droit à une fin digne d'un film et c'est plaisant. On a un début, une histoire, une fin qui ramène vaguement à un début. C'est bien mené!
L'humour est très présent, malgré le côté très sombre de l'histoire. Un humour "so british" et toujours très à propos. Les réflexions de Richard sont vraiment impressionnantes tant elles collent avec ce qu'on imagine que pourrait dire l'anglais londonien dans un film...

Bref, un livre à lire ABSOLUMENT !

lundi 19 mai 2008

No country for old men de McCarthy

Le livre à partir duquel les frères cohen ont fait leur film. Le livre avec un titre traduit par "Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme."

Je l'ai acheté pour une raison simple, le film avait l'air violent. Et bien je ne me suis pas trompé en achetant le livre.
L'auteur écrit avec un style décousu. Pas de figures de style, énormément d'ellipses, un phrasé épuré. Des dialogues réduits au plus simple, mais qu'on imagine plausibles... Bref, l'auteur n'a pas cherché à écrire un livre de grande littérature avec des subordonnées embriquées les unes dans les autres, ou des métaphores filées ou des figures des styles variées...
Un livre simple donc...
Mais pourquoi faire?
Pour se centrer sur l'histoire. Pour ce centrer sur les personnages. Pour ce centrer sur le message que voulait transmettre l'auteur.

On suit l'histoire d'un homme qui a trouvé une malette remplie d'argent, de sales types qui le recherchent et d'un shérif qui veut comprendre ce qui se passe...
L'histoire est simple, on la comprend dès le départ. On se doute déjà de ce qui va se passer.

Mais alors où est l'intérêt?
C'est simple, le Shérif est l'homme central de l'histoire. C'est lui qui suit l'aventure, c'est lui qui la commente, c'est par son regard qu'on va traduire notre monde. Il est pour ainsi dire d'une autre époque, il voit le monde changer...

L'histoire est violente, les morts se comptent à la pelle, et pourtant l'histoire n'est pas vraiment là. La drogue, l'argent, les liens qu'il y a entre ces deux choses, les gens qui vivent pour l'un ou pour l'autre... L'histoire n'est pas là non plus...

L'histoire est vraiment dans le regard que porte le shérif sur tout ça... Pourtant, ce regard n'arrive qu'à la fin. Tout au long du livre on a les pensées du shérif qui se mèle à une narration directe et "objective" des événements, mais tout s'éclaire à la fin du livre.

C'est une petite perle que nous livre Cormac Mc Carthy! Même si par moments le style est perturbant, qu'on se reprend à lire les dialogues pour savoir qui vient de dire quoi, on est dedans. On ne peut se décrocher du livre. Il est presque hypnotique...

Si je devais le noter, j'irais allègrement au delà des 15/20... Sans doute pousserais-je jusqu'à 18-17...
Une vraie perle que je ne regrette pas d'avoir achetée sur un coup de tête!

Le vieux qui lisait des romans d'amour. De Sepulveda

Voici un livre qui trainait depuis longtemps sur mes étagères sans que je n'ose franchir le pas de le lire. La couverture est top kitch et le livre trop fin pour m'intéresser.
Finalement, un soir d'ennui, je l'ai attaqué.

Le livre est court en effet, il se lit rapidement, et fait partie de ces livres qui vous marque un homme.
L'histoire est celle d'un vieil homme vivant dans un petit village de colons sur les berges de l'amazonie. Un jour des indiens rapportent un homme blanc, mort. Le maire les accuse, mais rapidement le vieux explique ce qui a dû se passer. La chasse va commencer...

Une histoire "simple", qui parle directement au lecteur. On se dit après la lecture qu'il manque des livres de ce genre. Des livres à l'histoire simple (un aller-retour), avec peu de personnages, mais énormément de pistes de réflexions, de pensées à cogiter.
L'auteur, loin de nous procurer des pensées toutes faites comme un Werber, nous donne les impressions et l'histoire d'un vieillard vivant dans un monde trop éloigné du nôtre. Pourtant ce vieillard, on le comprend. Ses rêves, ses envies, on les comprend...

Un livre parfait, qui se comprend très bien, et qui donne envie de découvrir les cultures de l'amazonie...
Une petite bouffée de chaleur moite, ça ne fait jamais de mal!

Si je devais le noter, je lui donnerais un 13/20. Pourquoi pas plus? Parce qu'il est court et que la couverture est jolie... En faisant abstraction de ces deux points, je monterais jusqu'à 16...

Les Chroniques des Féals de Mathieu Gaborit

Bonjour,
Alors je viens de dévorer une trilogie ces derniers jours. C'était les chroniques des Féals de Gaborit.

L'histoire se passe dans un monde médiéval fantastique où les territoires sont partagés selon les féals et leurs peuples qui y vivent. Les Féals, ce sont les créatures mythiques de notre histoire, les griffons, les basilics, les phénix, etc... Ces derniers existent encore et les prêtres de chaque peuple adorent le féal qui lui correspond...
Les Phénix sont les seuls qui n'ont pas de territoire, leurs prêtres vivent dans des tours disséminées sur tous les territoires...

L'un des prêtres du phénix va devenir le Héros de l'histoire. En lui vont s'incarner tous les espoirs du monde...

L'histoire, si elle est prometteuse au départ, se termine de façon décevante. La magie, la puissance des Féals, tout l'univers nous préparent tout au long de l'histoire à des choses grandioses. Finalement, ça décolle haut, puis ça retombe à plat, comme une crèpe qu'on lancerait déjà avec la garniture. Elle part haut et fort, puis retombe toute flasque... C'est le même effet que j'ai eu en lisant ce livre...

Fan de Gaborit (surtout pour les crépusculaires), j'ai trouvé ici un style fade et trop académique. Comme s'il avait voulu écrire un livre et non pas raconter une histoire. Comme si la forme des phrases importait plus que le contenu... C'est une trilogie nettement moins poétique et inspirante que celle des Crépusculaires. C'est bien dommage car potentiellement, elle était plus porteuse...

Au final, l'histoire est décevante dès la fin du second tome. Le style est vraiment peu entraînant et dynamique (malgré un découpage des chapitres qui permette de ne pas décrocher trop vite, en développant en parallèle les histoires de différents groupes).

Des livres à passer et à oublier rapidement....

Si je devais noter, je mettrais un 8/20...