dimanche 26 juillet 2009

Rollback de Robert J. Sawyer

Rollback. Un livre que j'ai eu la chance de lire avant sa sortie et qui en me plus à le mérite de m'avoir fait passé un sacré bon moment!
Au départ, paru en quatre morceau chez nos amis d'outre flaque (les canadiens), il sera édité par Robert Laffont en Septembre 2009 si tout se passe bien.

Alors commençons de façon organisée, et résumons rapidement l'histoire. Un couple d'octogénaires fête ses soixante ans de mariage en 2048 lorsque Sarah reçoit un appel de téléphone. En 2009 un message des Dracons, arrive sur Terre, elle est celle qui parvient à décoder le message. En 2048, on reçoit à nouveau la réponse des Dracons, mais Sarah est bien trop vieille pour avoir une chance d'y répondre avant que la mort ne l'attrape. Mc Gavin, un très très riche industriel propose un rollback au couple (on va dire), ainsi ils pourront tous les deux revenir à leurs 25 ans et elle pourra traduire le message "sereinement". Hélas, ça ne fonctionne que sur Don, le mari. Alors que lui, il ne sert "à rien" dans le décodage ou la science. On va ainsi suivre l'évolution du couple et des deux principaux protagonistes, ainsi que l'avancée de l'histoire pour traduire le message et le renvoyer...

Ce qui est intéressant dans un premier temps, ça va être de réussir à classer ce livre. En S.F. simplement parce qu'il se déroule dans le futur et qu'on peut "rajeunir" et qu'il y a un robot... Mais franchement, c'est loin d'être le thème de l'histoire. Et 2048 ce n'est pas suffisamment loin pour se "lâcher" plus que l'auteur l'a fait. Je veux dire par là que le roman peut être lu même par des gens qui n'aiment pas la S.F. a priori. Pourquoi?

Alors. Tout d'abord, c'est l'histoire d'un couple d'octogénaires, des gens fêtant 60 ans de mariage et ayant une "vie à raconter". On s'accroche dès le départ à ces petits vieux, on se surprend à "penser comme eux" ou à les comprendre. On va suivre l'évolution de leur couple, mais sans tomber dans le roman à l'eau de rose, loin de là. On dévore les pages une-à-une sans s'arrêter.
De plus ce livre, plutôt que d'être chargé d'effets spéciaux et d'être seulement centré sur une relation humaine, offre de nombreuses pistes de réflexion. Des pistes débattues en ce moment ou qui pourront l'être d'ici peu (je ne suis pas assez calé en science ou en philo pour savoir si c'est pas déjà débattu aux states). Toujours est-il qu'on réfléchit sur des nombreuses questions scientifiques et/ou philosophiques. Une bonne réflexion nous est permise tant sur le fait d'être humain, l'espace, la métaphysique... Bref, les lecteurs les plus "sérieux" trouveront ici de quoi se faire plaisir :)
On va un stade plus loin et on parle de l'anticipation. S'il n'y a qu'un robot dans l'histoire, on sait qu'ils existent déjà, et dans ce livre, ils sont "serviteurs domestiques", c'est à dire qu'on sent bien qu'on est "au début". De même le Rollback coûte tellement cher qu'on doit pouvoir dire qu'il n'y a pas eu 20 personnes pour en profiter (je crois). Bref, on est dans de l'anticipation qui reste fichtrement crédible. Ce n'est qu'à la fin que l'auteur se permet d'aller un peu plus loin, et là, on sent qu'il est canadien (Il est "gentil" ce type^^)

Parlons du style quand même. Sawyer, je ne le connaissais pas mais d'emblée j'ai été charmé par son style. Le roman est agréable à lire, "naturel" on pourrait dire. Les phrases s'écoulent d'elles-mêmes, on navigue sans se perdre, sans avoir besoin de repartir en arrière. Même les passages "philosophiques ou scientifiques" sont accessibles et compréhensible (ma chérie en a lu un, elle l'a aimé^^). Ce livre est donc une petite perle, un petit moment de bonheur tant il permet de s'évader.

Au final, j'ai beaucoup aimé Rollback, pas tant pour l'histoire que pour les nombreuses idées qui y sont développées et qui m'ont amené à réfléchir. J'ai l'impression que l'histoire ne sert qu'à appuyer ces idées, à permettre au lecteur de se poser certaines questions qu'il aurait pu ne pas se poser jusque là... Pourtant... Pourtant l'histoire est vraiment là, elle existe et donne, elle aussi des bons souvenirs, de ces souvenirs dont on se souvient plus tard sans savoir si c'était dans un film ou un livre qu'on l'a vu/lu...


J'ai aimé l'idée de l'horloge du petit maintenant, des pixels et de l'univers, du temps et de sa perception selon l'âge, la citation de Seinfeld, la chauve-souris de Nagel, la relativité et la perception du monde... Et j'en passe...

Je remercie donc l'auteur pour ce livre et je compte bien le conseiller souvent à sa sortie!

mardi 5 mai 2009

Explications des deux textes

Ouais je sais. J'aurais pitêtre pas dû écrire sur ce thème. Mais j'ai eu ces images en entendant cet "hallucinant fait divers" aujourd'hui! Comment peut-on tuer comme ça autant de personnes dans un espace si réduit. Ce n'est pas un comment "pratique", mais psychologique... J'ai eu des images en tête que je n 'ai pas vraiment cherché à vous donner, mais l'idée de base est là.
Je suis désolé si ça peut gêner des gens, mais bon, ça devait sortir et c'est simplement comme ça que ça sort...
-"Mesdames et messieurs voici une nouvelle phase dans notre tournoi. Vsevolod notre leader devra cette fois-ci gérer une dizaine de personne, mais bien une quarantaine. Selon ses propres dires, il pourrait faire bien mieux, mais nous préférons le confronter à une difficulté croissante afin de ne pas gâcher un plaisir qui de jour en jour vous attire de plus en plus nombreux pour notre incroyable émission que VOUS avez baptisée les arènes du Sang! Voyez le village où Vsevolod devra agir. Voyez d'ailleurs notre champion se promener l'air de rien. Je suis prêt à parier qu'il est en train de mesurer les distances, de rechercher les meilleures prises pour les escalades éventuelles ou les meilleures positions pour les retraits et les champs de tir. Vsevolod en plus d'être notre champion est tout de même un incroyable tacticien. Regardez, il arrive devant... Ah! Attendez, on me signale qu'il veut parler."
Une voix polonaise, grave et rauque, enchaîne sur celle du présentateur et se fait relayer par un traducteur.
"C'est là que la fête aura lieu! J'ai réussi à avoir les clés de la part du chef du village. Il est fier de voir sa fille se marier ce soir." La porte s'ouvre sur une grande salle, avec une longue estrade sur la droite, une porte au fond. Les pas de Vsevolod amène rythment son déplacement, le spectateur est amené en même temps que l'épaule de Vsevolod sur laquelle est posée la caméra, vers le fond de la salle. "Voici la cuisine. 60 personnes maximum dans la cuisine et la salle."
La voix du présentateur coupe les paroles du champion." Il est tout simplement incroyable! Il ne lui aura fallu que quelques minutes pour arriver dans le village, tâter le terrain et obtenir les clés. A peine dans la salle il sait sans doute déjà comment s'y prendre. C'est tout simplement un CHAMPION!" Pendant que le présentateur parle, l'écran géant continue de diffuser les images de Vsevolod qui continue de marcher dans les rues de la ville tout en observant attentivement les environs. La salle des fêtes, non loin une station service minuscule et une épicerie. Rien d'extraordinaire, mais de quoi glaner quelques points. Depuis le début, il n'y a qu'un "poulain" capable de suivre de très près Vsevolod, et il ne désire pas lui laisser la main. Depuis que l'émission existe, il ne craint plus pour sa vie autant qu'avant, les dispositifs de sécurité et l'argent mis à sa disposition lui permettent de vivre aussi à l'aise que possible.
Quelques minutes s'écoulent avant que le présentateur achève ses banalités et rendent l'antenne en promettant un grand spectacle pour le soir.
Dans la rue en bas des studios de production, les manifestants ne se dispersent pas. Les forces de police ont beau sécuriser le secteur, il en arrive sans cesse toujours plus pour demander que l'émission ne s'arrête au plus tôt. A l'inverse, les spectateurs étant toujours plus nombreux et avides, l'émission gagne de l'audimat et donc du terrain vis à vis de ses concurrentes. Filmer des mercenaires en action, c'était le stade ultime de la télé réalité. Flirtant avec la loi et la justice, les producteurs ont su se payer les meilleurs avocats pour défendre leurs droits. Jusque là, l'émission cantonnée sur une chaîne privée du câble, pourrait arriver à passer sur des chaînes plus accessibles au grand public.
En attendant, le présentateur exulte dans sa loge en pensant à l'émission du soir. Normalement, d'après les informations récupérées tant par Vsevolod que par ses collaborateurs, il devrait y avoir entre 40 et 50 personnes présentes ce soir. Du grand spectacle. Juste après que Vsevolod soit passé, les équipes techniques ont installé les caméras et les micros partout dans la salle de sorte à obtenir les meilleures vidéos possibles.
...
L'émission du soir commence. La nuit ne devrait pas tarder à tomber sur le village où tous les habitants ou presque se dirigent vers la salle des fêtes pour fêter le mariage de la fille du maire. Par ce mariage, heureux, les tensions entre de nombreuses familles devraient s'atténuer. Depuis plusieurs années, les conflits sont fréquents et les vendetta s'enchaînent les unes après les autres. Le présentateur énonce les diverses raisons émises par les habitants du village interrogés. Rien de bien clair, mais énormément de disputes, de brouilles et d'affaires sordides semblent prendre chair au fur et à mesure des explications. Si ce mariage permet d'apaiser l'ambiance du village et des hameaux alentours, tout le monde aurait à y gagner. Hélas pour le secteur, heureusement pour l'audimat, des membres d'une des familles rivales a pu joindre Vsevolod pour qu'il s'occupe de cet événement. Pour eux, pas question qu'une paix plus ou moins longue s'installe, surtout si elle est due à la famille du maire. C'est lui qui en tirerait tout le bénéfice, de plus, l'alliance concernant deux familles assez importantes, l'autre resterait trop en retrait...
Vsevolod armé de grenades et de ses deux mitraillettes apparaît à l'écran, sa voix et celle de son traducteur s'élèvent au-dessus de celle du présentateur qui laisse la place de bon cœur. S'effaçant servilement, avec un sourire de tombeur, le grand écran devient le centre de l'attention. Les psychologues et autres spécialistes invités pour l'événement se tiennent raide droit face à l'image du champion. Ce dernier, vêtu d'un treillis et d'une veste paramilitaire termine d'enfiler sa cagoule. Il a attaché une bandoulière de munitions et de grenades autour de son torse, et à sa ceinture un couteau et d'autres munitions sont accrochées. Il se dirige au pas de course à travers les bois, sa caméra d'épaule et son micro enregistrant tant sa respiration que ses pas brisant les vieilles branches que le bruit sourd de la musique du mariage. Arrivé en surplomb du village il s'arrête un instant et observe les derniers arrivants entrer dans la salle. Là il se rue comme un dément vers le village. A quelques mètres de la salle, il prend son temps pour souffler, laisse sa mitraillette pendre devant son ventre et arme ses grenades. Lorsqu'il entre, il repère aussitôt les groupes et lance ses grenades sur la piste de danse et vers les tables du bar. Aussitôt des invités se mettent à hurler et à courir dans tous les sens, tandis que d'autres se planquent. Il tire sur tout ce qui bouge, privilégiant les rafales courtes. Les producteurs, dans leurs studios choisissent les meilleurs angles de vues avec les caméras, zoomant sur le bras disloqué de la mère tenant un enfant mort, ou sur la grand-mère dont la robe est déchiquetée par le souffle de la grenade à fragmentation. Elle pleure tout en s'effondrant dans son sang. Les techniciens du son étouffent ou amplifient telle ou telle source pour que le public soit encore plus en immersion totale. Vsevolod lance deux autres grenades le plus loin possible vers la sortie "cuisine" où la porte est coincée par tous ceux qui cherchent à s'y engouffrer. Le temps qu'elle explose, il continue d'arroser à tout va et les caméras se braquent sur la masse compacte de gens hurlant, à l'instant où la grenade atterrit parmi eux, ils cherchent à se disperser, mais dans une telle confusion que nombreux sont ceux à tomber. Le nombre des victimes se détache nettement en bas de l'écran. Lorsque le seuil des 15 personnes est dépassé, il devient rouge et clignotant, signifiant ainsi que Vsevolod bat son nouveau record. Le public retient son souffle, les techniciens profitent de ce qu'il y a moins de monde debout pour faire des effets de ralenti ou pour filmer la lente agonie d'une enfant aux viscères se répandant sur le sol. Vsevolod ne voit plus la moindre personne courir, quelques courageux ont bien tenté de s'approcher de lui, mais il les a surpris à l'aide d'un pistolet caché dans son dos. Les autres, planqués sous les tables ou sous des corps prient de toutes leurs forces. Lorsqu'une des caméras parvient à faire un gros plan sur l'un d'entre eux, les techniciens du son atténuent tous les autres bruits de pleurs, cris de douleurs, et autres sons discordant pour tenter de capter la respiration de cet homme et ses propos. C'est à l'instant précis, où tendus à l'extrême ils commencent à être satisfaits de leur travail que Vsevolod achève d'une balle en pleine tête le malheureux. Dans les studios tous les spectateurs et les techniciens ont un mouvement de recul tant la surprise est forte. Et si cet homme avait survécu?
Le chiffre de 44 apparaît sur l'écran lorsque Vsevolod termine le rapide tour de la salle. Il met le feu à plusieurs nappes et y répand de l'alcool avant de sortir au pas de course. Il aperçoit des gens arriver en courant pour voir ce qu'il se passe et les abat sans même prendre le temps de ralentir. Ce n'est qu'arrivé dans les sous bois où l'attendent les équipes de l'émission qu'il prend le temps de souffler. Gardant un visage sec et dur, il ne peut s'empêcher de sourire tant il est fier de lui. En plus d'avoir pris son pied, d'avoir pu battre son record, il sait qu'il est passé devant quatre hommes qui seront arrêtés à sa place. Dans ce pays, il possède une immunité totale. Pour diverses raisons les politiques tant que les forces de l'ordre ferment les yeux sur ses agissements. Au départ, il craignait que sa nouvelle notoriété ne l'empêche de continuer à agir ainsi, mais finalement au contraire, il avait même pu dépasser les frontières de sa zone d'activité et s'offrir des "virées dans de nouveaux coins".
Vsevolod est heureux et glisse ses mots mythiques de chaque fin d'émission: "A la prochaine, en souhaitant qu'on ne se croise jamais!" Le présentateur reprend l'antenne aussitôt. Laissant planer un silence obscène durant quelques secondes. Puis, les caméras braquées sur lui, il les dirige vers les spécialistes en lançant le flot de questions devenues habituelles concernant tant Vsevolod que ses victimes ou la politique intérieure... Nombreux seraient les spectateurs à changer de chaîne si les spécialistes n'étaient pas tous attirants physiquement à leur façon.
Alors que la sublime psychothérapeute de Vsevolod commence à prendre la parole, le présentateur tend une main vers son oreillette tout en signalant à la femme d'attendre.
"On m'apprend qu'en ce moment même Robby Wallee n'est qu'à quelques kilomètres du véhicule ramenant Vsevolod chez lui! Dans leurs contrats respectifs, il est clairement stipulé que Vsevolod et Robby doivent toujours laisser une distance d'au moins cent kilomètres entre eux. Robby Wallee aurait commencé à se filmer lorsque Vsevolod aurait été pris en charge par nos équipes." Encore une fois le présentateur se fait couper par l'enchaînement d'images provenant de l'épaule du poulain.
"Messieurs dames, je suis au regret de vous apprendre que vous venez de voir pour la dernière fois votre champion. Vsevolod doit laisser sa place dès ce soir à sa relève. Si vous désirez assister à sa chute, si je puis dire, mettez en simultanée nos caméras respectives." Contrairement à son adversaire, Robby a un phrasé magnifique allié à un accent britannique très fin. C'est cet aspect de dandy qui plaît principalement au public, mais c'est aussi cet aspect qui le rend plus détaché des besoins primaires des spectateurs. Lorsqu'il a battu son propre record en pleine rue, les célébrations de l'événement furent moins spectaculaires que pour celui battu par Vsevolod la veille... "Alors? Vous avez lancé les caméras? Regardez..." Tout en conduisant, il montre une télécommande sur laquelle se trouvent trois boutons jaunes. Il en presse un, et au même instant, la caméra de Vsevolod révèle toutes ses capacités techniques. En effet, en explosant, le pilote devient un amas de chairs en mouvement, sang, viscères, peau et membres giclent dans tous les sens alors que la caméra de Vsevolod fait le point sur ce qu'elle voit automatiquement. Les spectateurs peuvent voir en direct un des yeux du pilote atterrir contre le pare-brise et glisser lentement vers un petit tas rosâtre glissant lui aussi vers le bas. Au même instant, la voiture part vers la droite de la route, échappant à tout contrôle. Vsevolod encore sous le choc se jette vers le volant et redresse la voiture non sans mal. La partie basse du corps du pilote est encore en place, ses jambes et ses pieds n'ont presque pas bougé et la force mise dans le geste de Vsevolod glisser les restes de la jambe droite vers le plancher, ce qui a pour effet de faire piler la voiture tout en maintenant enfoncé l'accélérateur. Le bruit horrible qui provient du moteur force les techniciens à l'atténuer, mais pour le champion c'est insoutenable. Au même moment, Robby accélère et sourit dans le rétroviseur central vers lequel il oriente sa caméra... "Est-ce qu'il a bien perdu son chauffeur? Je n'en doute pas. Comme je ne doute pas d'ailleurs qu'il soit encore en vie votre champion... Alors passons aux choses sérieuses." Il ponctue sa phrase d'une pression sur le second bouton jaune. Aussitôt la caméra de Vsevolod se fixe sur le siège du conducteur tandis que le champion est propulsé contre le plafond de la voiture, une explosion assourdissante finissant de l'assommer. Une seconde plus tard la caméra montre le dossier du siège conducteur, puis le côté passager, à l'extérieur, le haut et le bas se mélangent sans logique apparente. Les bruits de tôle froissée deviennent tellement insoutenables que les techniciens du son préfèrent les couper littéralement. Dans les studios, le public est encore sous le choc, les images données par la caméra de Vsevolod continuent de défiler, mais sans le son. Tout le monde retient son souffle créant une seconde zone de silence. Même le présentateur à qui on somme de reprendre le cours de l'émission est resté bouche bée. La production se bat pour rester dans les limites extrêmes de la légalité et voilà que le poulain devient fou et offre aux critiques mille raisons de faire stopper la diffusion du programme.
Pendant ce temps, la voiture termine sa folle course dans un fossé en bas de la route. La caméra de Robby montre une compression qui dans d'autres circonstances aurait pu être artistique. Il descend de sa voiture, sans un mot. Un fusil à pompe dans les mains. Il le braque en direction de la voiture en aval. Attendant quelques instants, il pose son fusil au sol et s'accroupit. Il sort de sa poche deux grenades qu'il jette après les avoir dégoupillées. Au loin les phares de la camionnette qui devançait Vsevolod éclairent l'obscurité de plus en plus présente. Les grenades explosent, créant de longues gerbes de flammes. Ces dernières en plus de disséquer la voiture font exploser le moteur et ce qu'il contenait. La camionnette se rapproche encore, Robby explique sa joie d'avoir eu si facilement Vsevolod. Une fois clairement dans son champ de vision, la voix de Robby devient moins sure, il a juste le temps de récupérer son fusil pendant qu'il voit sortir des têtes encagoulées. Quatre hommes hurlent dans une langue à l'accent indéfinissable. Ils lui crient dessus tout en le braquant à l'aide de leurs mitraillettes. Robby n'a pas le temps de comprendre ce qu'il lui arrive tandis que les hommes lui tirent dessus. Son gilet pare-balles est suffisamment efficace pour le propulser en arrière, le faisant tomber en contrebas, dans les flammes de la voiture en ruines. Des hommes continuent de tirer sur lui, les autres poussent la voiture vers le même précipice.
Personne dans les studios ne parvient à croire ce qu'il voit. Les producteurs s'époumonent dans leurs téléphones alors que des techniciens gèrent du mieux qu'ils peuvent images et sons directs, que d'autres s'occupent de ressortir les meilleurs moments déjà traités pour un ralenti de circonstance, et que d'autres, enfin diffusent ce qu'il faut vers le public. Spécialistes et présentateurs sont en état de choc, le présentateur a même arraché son oreillette et jeté son micro sur le sol. Des spectateurs se sont levés pour demander des explications aux divers caméramans et autres techniciens.
Le présentateur, toujours aussi secoué est totalement perdu dans ses pensées. La production annonce à la chaîne une coupure pub.

Une nuit tombante, à l'orée d'un bois. Trois journalistes préparent leur matériel. Le temps humide et le léger vent les auraient gênés s'ils ne s'étaient pas équipés auparavant, mais tout avait été prévu.
-Ton micro, je t'ai déjà d'y faire attention! T'es peut-être en stage, mais là on est sur du lourd! Pas question de tout faire foirer! Compris?!
-La ferme les gars! Ils arrivent... L'homme se recoiffe rapidement, teste ses effets de visage face à un petit miroir de poche, et le range tout en passant sa langue sur des dents et en jouant des jambes pour que son pantalon tombe parfaitement.
Une jeep arrive, cinq hommes vêtus de treillis de camouflage, de vestes paramilitaires kaki surmontant des sweat à capuches noirs descendent lorsqu'elle s'arrête à hauteur des trois journalistes. Chacun des hommes de la jeep porte une cagoule noire. Pas possible de les différencier les uns des autres.
Le responsable des journalistes les salue silencieusement. Le contrat est clair, ils peuvent filmer, mais à aucun moment ils ne doivent prononcer le moindre mot. Le caméraman et le responsable du son sont des stagiaires rêvant d'avoir l'affaire qui leur permettrait de monter en flèche. Les hommes de la jeep sont armés de mitraillettes et des ceintures de grenades et de munitions ornent leurs torses et leurs tailles. Leur chef, d'un fort accent slave, dit: "Le contrat est le contrant! Pas un mot, pas un geste déplacé! Vous serez l'ombre Vsevolod!" Les journalistes blêmissent lorsqu'ils voient Vsevolod passer derrière eux et se mettre à l'écart de la route. Il leur fait signe de les suivre alors que la jeep redémarre. Le micro perchiste murmure un vague "ils auraient pu nous prend..." Mais se ramasse un coup derrière l'oreille de la part de son supérieur. Ce dernier met son index devant sa bouche pour le faire taire. S'il n'avait pas une idée derrière la tête, certainement n'aurait-il pas pris ce stagiaire avec lui. Le concept de ses reportages a été refusé par sa chaîne puis par la concurrence. Mais une chaîne câblée a signé un accord concernant le concept. Les émissions sont tournées en secret et arrivé à la cinquième, le directeur de la chaîne acceptera ou non d'en diffuser le contenu. Pour le moment, trois émissions avaient été tournées. La préparation étant un élément indispensable tant pour les journalistes que pour comprendre l'action principale, à chaque fois, il fallait faire un travail de documentation important en amont, contacter les familles, découvrir les origines de telle ou telle histoire, se renseigner sur les lieux de l'action, sur les protagonistes. Un travail bien plus éprouvant que le journalisme traditionnel. Mais le jeu en valait la chandelle, et si perdre ses deux premiers collaborateurs avait occasionné un réel traumatisme pour cet expert du documentaire réaliste, il avait su dépasser ce choc initial pour le transformer en hommage à ses anciens partenaires morts pour que le journalisme en ressorte plus fort. Pour le moment, la police enquêtait encore sur les disparitions de ces deux hommes, mais elle aurait du mal à remonter jusqu'à ce qu'il s'est réellement passé. Du moins tant que l'émission ne serait pas diffusée. Quel choc alors pour les familles de découvrir la vérité concernant la disparition de ses êtres chers, de ces journalistes hors du commun. Quelle joie aussi pour elles de pouvoir réclamer vengeance, quitte à réclamer la peau du journaliste survivant...
Depuis, il travaillait avec des stagiaires plus ou moins méconnus, qu'il pouvait laisser de côté en cas de souci. La justice déclarait qu'ils étaient tombés en tant que dommages collatéraux. Et là encore, il n'y avait eu aucune remontée jusqu'à lui. Le contrat qui le liait avec ses stagiaires était clair. Ils étaient soumis au secret professionnel tant que l'émission ne serait pas diffusée, alors seulement ils auraient leur salaire.
Jusque là, l'opération se déroule parfaitement, le cameraman sait aussi bien qu'un pro tenir sa camera et filmer ce qu'il faut, le porte micro malgré quelques erreurs flagrantes semble tenir sa perche hors du champ. Vsevolod court le dos voûté et réussit à ne faire craquer presque aucune branche. Lorsqu'il s'arrête les trois journalistes s'arrêtent aussi et se couchent en même temps que lui. A quelques centaines de mètres, le village fête un mariage. Une cinquantaine de personnes est réunie dans la salle communale où se déroulent les festivités. Presque tout le monde est invité au mariage, sauf quelques indésirables et les membres des familles rivales. Lorsque les phares de la jeep se coupent, Vsevolod redémarre au pas de course, surprenant par la même les hommes censés être son ombre. Vsevolod s'arrête derrière la première maison qu'il trouve, y dépose un de ses quatre petits sacs, il farfouille dedans quelques secondes et repart en trottinant. Le reporter en chef demande au caméraman de filmer le contenu du sac. Des explosifs sont reliés à un dispositif indiquant 8 minutes 55. La caméra filme alors le bâtiment et tandis que les journalistes repartent, la devanture d'une petite station service apparaît dans l'angle. Déjà Vsevolod a déposé son second sac. La salle des fêtes n'est plus qu'à cent cinquante mètres, et la jeep avance au ralenti. La musique du mariage résonne dans les petites rues vides de tout habitant. Lorsqu'elle n'est plus qu'à trente mètres de la salle, dans une rue adjacente, les trois hommes saute et se dirigent vers le lieu de l'action. Grenades en mains et mitraillettes en bandoulières, ils sont parés pour leur plan. Les journalistes ont été placés de telle sorte qu'ils pourront tout filmer sans avoir à être repérés ou être impliqués. Vsevolod leur a indiqué où l'attendre le temps qu'il agisse et revienne. Avec son dernier sac, il s'est faufilé vers la porte donnant sur la cuisine de la salle des fêtes, il est revenu quelques minutes plus tard. Déjà les premières explosions de grenades se font entendre, les cris des invités se mélangent. Le porte micro tremble légèrement, le visage totalement pâle et la sueur coulant dans sa nuque. Le cameraman, lui, étant en transe et zoomant ici ou là, totalement dans l'action. Le reporter en chef sort une petite caméra de sa sacoche et filme à son tour. Personne ne faisant réellement attention à lui. Vsevolod un genou à terre vise la salle, prêt à tirer sur quiconque parviendrait à en sortir. Les cris de douleur et de peur se font plus rares à mesure que les rafales des trois hommes s'espacent. Bientôt ils ressortent en courant tandis que la charge laissée à l'arrière de la salle explose. Quelques têtes sortent des fenêtres et Vsevolod tire dans leur direction, parvenant à les atteindre ou à les faire se cacher aussitôt. Le reporter en chef demande au caméraman de lui donner son instrument un instant, mais lorsque la jeep redémarre, Vsevolod part à son tour, surprenant encore une fois les journalistes. Le reporter en chef s'éclipse rapidement les deux caméras en main, comme par accident. Les deux autres et leur lièvre, entièrement dans le feu de l'action ne se rendent compte de rien.
Le reporter, seul, se rue vers la salle des fêtes et y filme les cadavres ainsi que les mourants. Il parle d'une voix neutre et détachée, comme si tout était normal. "Voici ce que peut entraîner une vendetta entretenue depuis 27 ans peut entraîner. Personne ne se souvient vraiment comment tout a commencé, mais lorsque la jeune Pelagueïa Pokornizka est tombée amoureuse de Guennadi Altınkaya imaginait-elle mettre les pieds dans une histoire de famille bien plus vieille qu'elle? L'origine de ce conflit, même si elle est perdue a des effets encore visibles. Et ce drame, aujourd'hui, au cours de ce mariage en est le vivant témoignage. Quatre hommes armés et visiblement décidés à tuer le plus de monde possible sont arrivés sur les lieux de la fête, tirant à vue et envoyant des grenades dans les groupes de danseurs. Aucun survivant ne pourra témoigner de ce qu'il a vu. Même les personnes osant s'interposer sont mortes, les simples curieux ont été abattus ou trop effrayés pour qu'ils restent à leurs fenêtres. Une fois encore, la loi du silence s'est abattue sur une petite ville sans histoire, une fois encore la loi du talion a parlé. Qui pourra entretenir cette vendetta désormais? Aura-t-elle encore une raison d'être? Combien de personnes vont chercher à venger ces pauvres victimes? Parce que j'étais sur les lieux depuis quelques jours, j'ai pu mener mon enquête et interroger des personnes se trouvant sans doute dans le charnier que je laisse derrière moi. J'ai même pu rencontrer ceux qui se cachaient derrière leurs cagoules et leurs armes pour faire s'abattre sur des familles entières le courroux d'une seule autre... Mesdames et messieurs, c'est ce que je vous propose de regarder dans ma nouvelle émission!"
Les gens commencent à sortir de leurs maisons pour venir voir la salle en flammes. Le reporter en chef, s'enfuit le plus discrètement possible. Pas question de se faire prendre si vite.
Il ne lui faut que peu de temps pour rejoindre le point de départ de cette équipée. Sur place, les corps décapités de ses deux stagiaires ont été abandonnés, avec des armes et des grenades. Des faux papiers sur eux les font passer pour d'autres personnes. Vsevolod est l'un d'eux.
Le reporter regarde autour de lui, affolé. Et s'ils étaient encore là, prêts à fondre sur lui? Et s'ils le regardaient tout de suite? Sortant sa caméra, le cœur battant la chamade et l'estomac au bord des lèvres il reprend son reportage, la main tremblante. "Mesdames et messieurs, voici les corps des deux autres victimes. Rien ne me permet de les identifier, puisque j'ai retrouvé ces corps sans leurs papiers, peut-être que des villageois ont cherché à venger leurs morts ou peut-être sont-ce les barbares qui ont encore fait deux victimes. Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que dans le village les gens viennent de commencer à éteindre les incendies qui se sont rapidement propagés malgré le mauvais temps. Chers amis, j'espère tout autant vous présenter les coupables et pourquoi pas leur demander leurs motivations, que de ne pas les croiser tant ils sont violents" Il coupe la caméra et marche en direction de la grande ville la plus proche, celle où il a rencontré le chef de Vsevolod le premier jour. C'est de là-bas qu'il aura une chance de quitter la région le plus rapidement possible. Il est certain que s'il reste dans le secteur, les autres lui feront subir le même sort...

mardi 28 avril 2009

Le zombie s'éveille. Attiré par l'odeur de la chair vivante, il s'extirpe du bourbier dans lequel il était, vide ses entrailles de tout ce qui s'y trouve et se vêt tant qu'il peut. Enfin il s'échappe et suit sa piste.
Il ne lui faut guère de temps pour tomber sur cet être vivant qu'il désire plus que tout manger. Plus précisément, il désire plus que tout lui manger le cerveau et le coeur, mais pas nécessairement dans cet ordre.
La jeune fille, lorsqu'elle voit le mort-vivant se diriger vers elle, fuit en courant, aussi vite qu'elle peut. L'autre la suit, mais plus lentement, bien plus lentement. Alors qu'elle pense s'être échappée, elle se cache dans les hauteurs d'un arbre où un autre enfant est caché lui aussi. Il l'appelle, mais elle est trop effrayée pour répondre, la troisième fois qu'il appelle, il la frappe à la tête, ce qui a pour effet de la faire tomber de l'arbre. Quelques minutes plus tard, le zombie qui la suivait arrive non loin. Il repère aussitôt la jeune fille et la vie qui la quitte. Son pas traînant s'accélère un peu, et il se rue sur sa victime évanouie. Sans prendre le temps de déchirer ses habits, il mord à pleines dents dans le torse de la fillette. Cette dernière s'éveille en criant de toutes ses forces, ouvre les yeux, et s'évanouit aussitôt après avoir vu le monstre mâcher et recracher ses habits ensanglantés et la chair qui y est prisonnière. L'enfant dans l'arbre n'émet pas un son, ne bouge pas d'un seul cheveu. Il assiste, halluciné à la scène qui se déroule sous ses yeux...
Quelques années plus tard, le garçon est devenu un jeune homme athlétique et musclé. Il dirige une petite troupe de soldats, bien entraînés comme lui. "On ne peut rester là, ils ne vont pas tarder à venir, et on ne pourra pas les contenir". Un de ses hommes répond "Ce n'est pas pour te vexer Fil, mais fuir c'est s'exposer, c'est ce que tu as toujours dit. Et là tu voudrais fuir? Laisser notre "fort" tomber dans leurs mains?" L'homme qui formule ces paroles se retourne vers ses compagnons pour bien montrer à leur chef que tout le monde pense comme lui. Fil rétorque que rester, c'est s'exposer à une fin inéluctable et qu'il faut donc partir. La discussion continue pendant une dizaine de minutes, puis finalement, Fil décide de partir seul pour chercher soit une nouvelle planque, soit des secours. De retour chez lui, il se prépare lentement, Dory le rejoint et le prie de ne pas partir. Peine perdue, il continue ses préparatifs, sans même paraître amical. Ils couchent ensemble depuis plusieurs mois, ils sont amis depuis plusieurs années, mais il ne veut pas lui montrer sa terreur. Fuir c'est s'exposer. Il a toujours pensé ainsi. Rester planquer c'est la seule façon de résister et de survivre.
C'est alors que le soleil se lève qu'il part. Désireux d'avancer le plus rapidement possible et ainsi d'avoir le plus de chances de sauver ses proches. Sur le chemin de son départ, à l'orée de la ville, ses amis les plus fidèles tentent d'accrocher son regard pour le convaincre de rester, d'autres sont là pour lui donner des objets censés l'aider dans son aventure, vivres, outils, munitions...
Alors qu'il est loin de la ville, celui qui l'a incité à partir le surprend. "Tu ne crois pas que tu partirais seul quand même?" Fil répond qu'évidemment il comptait partir seul et qu'en plus il ne voulait pas priver la ville de celui qui est le plus à même de la diriger. L'autre explique qu'il a pris toutes ses dispositions et qu'il comptait tant sur la chance de Fil que la sienne pour parvenir à revenir avant que la Horde ne déferle sur la ville. "De quand datent nos dernières informations? Une semaine? Tu penses qu'ils arriveront avant que nous, nous puissions revenir?" "J'en sais rien Keyes" Les deux hommes discutent encore quelques minutes avant de reprendre la route d'un pas vif. Les alentours directs de la ville sont sécurisés et contrôlés, sur environ deux kilomètres des dispositifs de sécurité ainsi que des postes de contrôles surélevés ont été installés de sorte à ce que rien ne puisse attaquer les habitants par surprise.
Des kilomètres plus loin, sans avoir rencontré âme qui vive, les deux héros arrivent à un village qui était répertorié sur leurs cartes, il est tombé sous les attaques d'une Horde. Sans échanger un mot, les deux hommes s'écartent et accélèrent le pas, si des gens sont morts ici récemment c'est qu'il y a de gros risques de se faire attaquer.
Alors qu'ils pensent être enfin assez loin pour ralentir et souffler, un groupe d'une dizaine de personnes se rapprochent. Ce n'est qu'à moins d'une dizaine de mètres que Fil et Keyes sont certains d'être face à des morts-vivants, l'odeur, la démarche et les râles trompent rarement. Ils commencent à reculer tout en tirant des coups précis dans les têtes de leurs ennemis. Ces derniers continuent d'avancer et accélèrent. Fil et Keyes se précipitent vers un arbre assez haut et y grimpent précipitament Keyes aidant Fil a monter plus rapidement. Les morts vivants qui approchent de l'arbre sont abbatus à vue. Finalement, les deux hommes redescendent et observent les cadavres. En effet, la ville est tombée il y a peu de temps, leur état de décomposition n'est pas assez prononcé.
Les deux hommes discutent tout en avançant, la fatigue se faisant de plus en plus sentir. "Tu as une destination? Tu sais où tu vas?" Fil, le regard perdu dans le vague répond "Ouais, j'ai une destination. Je ne pensais pas m'y rendre un jour, mais je pense que le moment est venu. Lorsque j'étais petit, une gamine est arrivée dans un arbre où je me planquais. Elle est tombée et un Mort l'a attaqué, il l'a dévoré sous mes yeux. J'étais paralysé, mais finalement j'ai décidé de jeter mon couteau sur lui, quitte à me jeter à mon tour sur lui si mon coup ratait." Un souffle, Fil se gratte et reprend. "En fait, je sais pas si c'est un miracle ou pas, mais ma lame a atterit en plein sur le crâne du Mort, elle l'a tué net. Je suis descendu, j'ai repris mon couteau et j'ai planté ma lame profondément dans l'oeil du Mort puis de la fille. C'était écoeurant et j'en fais encore des cauchemars. Mais j'ai fouillé les cadavres aussi, et j'ai trouvé une carte sur la fillette. Elle venait d'une ville qui était pas loin. J'ai tenté de m'y rendre, mais c'était en fait un gros bunker. Comment la gamine était arrivée dehors? Je sais pas. Mais en tout cas, moi j'n'ai pas pu m'en approcher tant j'avais peur du bâtiment. Des corps par dizaines s'étalait tout autour de lui. Sans doute des Morts ou leurs victimes... En tout cas, je compte bien aller voir si c'est encore en état par là bas. Voir s'ils pourraient nous aider..."
Keyes regarde son chef un peu incrédule "Qu'est-ce qui te fait dire qu'ils sont encore en vie? Que ce bâtiment, tu l'as pas rêvé? Qu'ils pourront nous aider?" "Je ne sais pas, mais quitte à mourir, autant avoir tout tenté!"
Le voyage reprend et les deux héros rencontrent de nombreux morts vivants qu'ils parviennent éviter ou pas. A un moment, Keyes est blessé mais seul, pas par un Mort vivant. Il ralentit l'allure de Fil, mais ils continuent.
Les deux hommes arrivent juste après qu'une petite troupe de Morts aient tué des voyageurs mal préparés. Un seul survivant est encore là, indemne, il est en train de s'équiper à partir de ce qu'il trouve sur les cadavres. Il explique à Fil et Keyes qu'il vient de l'endroit où ces derniers se rendent et qu'il compte y retourner pour expliquer ce qu'il s'est passé. L'endroit en question cherche à contacter les gens de tous les alentours pour les accueillir et participer à la reconstruction de l'humanité, en prenant les armes le plus souvent possible contre les Morts Vivants. L'endroit est fortifié, c'est une ancienne base militaire qui servait de fabrique et de dépôt d'armes. Nombreux sont les survivants à s'y être rendus et à y avoir fondé une famille. Fil et Keyes n'en reviennent pas et attendent avec impatience d'y arriver pour y récupérer des hommes ou du matériel pour les aider. Arlus, leur nouveau compagnon parle de l'endroit comme étant un Eldorado. Les deux autres hommes rêvent les yeux ouverts, totalement subjugés par les merveilles qu'évoque Arlus.
Peu de temps avant d'arriver à la base, ils sont en hauteur et peuvent l'admirer. Lumineuse et visiblement accueillante. Alors qu'ils reprennent la route, Arlus abat Keyes d'une balle en pleine tête.
"Tu seras mon cheval de Troie! C'est toi qui sera ma clé pour rentrer! Tu feras tout ce que je dis!" Arlus explique à un Fil encore choqué ce qu'il attend de lui.
Quelques centaines de mètres avant d'arriver à la Base, Fil apperçoit un mort se faire descendre par un tir provenant de la Base. Au même moment Arlus le pousse pour le faire avancer, Fil attrape son arme, la retourne contre lui et l'abat. Au même instant, une balle le touche en plein milieu de la colonne vertébrale. Abbatu d'une balle, il tombe au sol, sans comprendre ce qui lui arrive...
Une piste en plein désert, il fait nuit et trop chaud pour parvenir à marcher debout. Ramper, traîner sa langue au sol à défaut de parvenir à la garder dans sa bouche. Avoir chaque partie de son corps desséchée et se souvenant pourtant de l'humidité. Les démangeaisons dues au sable, la chaleur, les parcelles de peau parties par frottement... Le désert? Mais où? Il n'y a pas de désert dans la région. Et les armes? Les Morts? Où sont-ils? La gamine court vers l'arbre. S'y rendre pour l'en empêcher. Comment peut-elle courir si vite par cette chaleur? Elle est nue et son corps porte des marques de griffures. L'Autre arrive aussi, mais assez lentement. Se mettre en travers de son chemin. Ne pas s'arrêter. Oublier la souffrance. Penser au delà son corps.
Fil rouvre les yeux à l'instant même où il allait parvenir à bloquer l'autre Mort. Une douleur fulgurante le maintient au sol, et le rend fou tant elle est puissante et incomparable avec quoi que ce soit qu'il ait déjà ressenti. Tout son corps n'est que douleur, chaque partie de son corps ne demande qu'à exploser, à l'intérieur de ses limites. Chaque parcelle de son être s'étire et se déchire par explosion, son cerveau lui même doit être en miettes. Il ne parvient plus à réfléchir. Son corps tout entier meurt. Il ne parvient plus à réfléchir de façon cohérente.
Une lumière perce sa douleur, une lumière appaisante. Là-bas, loin derrière le mur. Il ne peut pas s'y rendre, on le tuerait.
Et alors? Tout plutôt que souffrir encore plus... Lentement, il se relève. Une fois suffisamment redressé, un tir réduit physiquement sa tête en miettes.
Fil tombe une seconde fois. Son corps flasque et mou ne répondant plus à aucun autre stimulus que les dernières ondes électriques parcourant ses nerfs...

lundi 20 avril 2009

Ahaha!

Je suis content! ça faisait longtemps que je voulais le faire, mais je pense qu'enfin c'est le moment!


Je vais tenter de transcrire les idées et le monde que j'ai en tête pour une campagne de jdr. C'est tout con je sais, certains en rédigent plusieurs en un an ou en une vie, mais moi j'n'y arrive pas. J'ai essayé plusieurs fois, mais chaque fois je m'y perds... Là je pense que je tiens le bon bout, c'est à moitié classique et à moitié pas... En gros, un univers Med fan assez classique, mais avec LE truc en plus que je révèlerais le moment venu :)


Bref, je ne sais pas encore si je rédigerais mes idées au coup par coup sans les organiser ou si je rédigerais ici dans l'ordre dans lequel vous devrez faire jouer, mais toujours est-il que je compte rester sérieux et rédiger cette campagne (ne riez pas mes amis ou mes fidèles lecteurs, j'ai bien dit que j'essayerais!)


Bref, à très bientôt!

jeudi 2 avril 2009

Jean philippe Jaworski

Bonjour,
Me revoici plusieurs mois plus tard.
Aujourd'hui, je voulais vous parler d'un auteur qui a publié déjà deux livres!
Les deux sont parus aux Moutons Electriques, puis le premier a eu "l'honneur" de paraître en poche.
L'auteur, Jean Philippe Jaworski est prof, et est l'homme qui a créé Te Deum pour un Massacre (un jdr se situant à l'époque des guerres de religions), ainsi qu'un jdr amateur dans l'univers du seigneur des anneaux (bref allez sur le site de la cour d'oberon et cherchez Usher et vous comprendrez).

Se priver de Janua Vera serait tout simplement dommage, surtout vu le prix du poche...
J'ignore superbement les fans de Gemmell ou eddings et je m'adresse aux fans de la littérature dite "blanche". Vous voulez vous mettre à la "fantasy" sans passer pour une personne qui ne sait pas lire "pour de vrai"? Vous voulez tenter de lire quelque chose de novateur et qui, pour une fois, ne reprend pas, mais alors pas du tout, les poncifs du genre? Bah laissez vous charmer par la plume de Jaworski!
Janua Vera vous entraîne dans un univers sombre et réaliste, une sorte de moyen âge fantasmé. Le fantastique côtoie le concret, on y retrouve l'humanité dans ce qu'elle a de plus vile et corrompue, mais aussi dans ce qu'elle a de plus beau, de plus touchant. Ce recueil de nouvelles nous plonge dans des histoires où les personnages sont détestables et/ou adorables, où parvient à s'attacher à un personnage qui à lui seul regroupe tous les traits d'un être haïssable en temps normal...
Bref, un univers riche et prenant, décrit par une verve tout simplement hallucinante. L'auteur parle la même langue que nous, pourtant il utilise des mots, des tournures qui font plaisir à lire tant on les délaisse dans le langage courant! C'est en ça que les fans de littérature "blanche" peuvent se retrouver. C'est écrit élégamment, intelligemment et ni dans un format roman ni dans un style coutumier du genre...

Pour les fans de fantasy habituelle, c'est tout simplement ce qu'il s'est fait de mieux depuis le Seigneur des Anneaux. Sans rire. J'ai lu la mallorée et la Belgariade, j'ai lu du Gemmell j'ai lu pas mal de crottes diverses et variées en med fan et en fantasy et jamais j'n'ai été aussi content de lire de ce genre qu'en lisant Janua Vera. (Et pourtant, je vous assure que j'ai pas mal critiqué ce livre au début tant le niveau d'écriture et haut et que ça change nos habitudes de lecteur...)
En poche, c'est vraiment se priver d'un petit trésor!

Pour Gagner la guerre (un énorme pavé cher mais qui vaut vraiment son prix), on se retrouve embarqué avec le personnage principal qui est issu d'une des nouvelles de Janua Vera. Un gros pavé plein de belles pages, mais qui se dévore ultra rapidement sans qu'on ne parvienne vraiment à décrocher (pour peu qu'on ne soit pas rebuté par du beau français^^)... C'est écrit à la première personne, le "héros" est loin d'être un gentil, il pense et parle comme un pourri, et pourtant on ne tombe pas dans le familier et le vulgaire reste "du beau français". C'est amusant d'écrire ça comme ça car c'est ce qui m'avait rebuté le plus au début, cette impression de lire un truc incompréhensible. Mais finalement, on entre dans le jeu et on tombe sous le charme. On parvient à lire de la fantasy fichtrement bien écrite. On aurait presque envie de mettre ce livre dans les romans plus traditionnels pour que tout le monde puisse le découvrir!