mardi 28 avril 2009

Le zombie s'éveille. Attiré par l'odeur de la chair vivante, il s'extirpe du bourbier dans lequel il était, vide ses entrailles de tout ce qui s'y trouve et se vêt tant qu'il peut. Enfin il s'échappe et suit sa piste.
Il ne lui faut guère de temps pour tomber sur cet être vivant qu'il désire plus que tout manger. Plus précisément, il désire plus que tout lui manger le cerveau et le coeur, mais pas nécessairement dans cet ordre.
La jeune fille, lorsqu'elle voit le mort-vivant se diriger vers elle, fuit en courant, aussi vite qu'elle peut. L'autre la suit, mais plus lentement, bien plus lentement. Alors qu'elle pense s'être échappée, elle se cache dans les hauteurs d'un arbre où un autre enfant est caché lui aussi. Il l'appelle, mais elle est trop effrayée pour répondre, la troisième fois qu'il appelle, il la frappe à la tête, ce qui a pour effet de la faire tomber de l'arbre. Quelques minutes plus tard, le zombie qui la suivait arrive non loin. Il repère aussitôt la jeune fille et la vie qui la quitte. Son pas traînant s'accélère un peu, et il se rue sur sa victime évanouie. Sans prendre le temps de déchirer ses habits, il mord à pleines dents dans le torse de la fillette. Cette dernière s'éveille en criant de toutes ses forces, ouvre les yeux, et s'évanouit aussitôt après avoir vu le monstre mâcher et recracher ses habits ensanglantés et la chair qui y est prisonnière. L'enfant dans l'arbre n'émet pas un son, ne bouge pas d'un seul cheveu. Il assiste, halluciné à la scène qui se déroule sous ses yeux...
Quelques années plus tard, le garçon est devenu un jeune homme athlétique et musclé. Il dirige une petite troupe de soldats, bien entraînés comme lui. "On ne peut rester là, ils ne vont pas tarder à venir, et on ne pourra pas les contenir". Un de ses hommes répond "Ce n'est pas pour te vexer Fil, mais fuir c'est s'exposer, c'est ce que tu as toujours dit. Et là tu voudrais fuir? Laisser notre "fort" tomber dans leurs mains?" L'homme qui formule ces paroles se retourne vers ses compagnons pour bien montrer à leur chef que tout le monde pense comme lui. Fil rétorque que rester, c'est s'exposer à une fin inéluctable et qu'il faut donc partir. La discussion continue pendant une dizaine de minutes, puis finalement, Fil décide de partir seul pour chercher soit une nouvelle planque, soit des secours. De retour chez lui, il se prépare lentement, Dory le rejoint et le prie de ne pas partir. Peine perdue, il continue ses préparatifs, sans même paraître amical. Ils couchent ensemble depuis plusieurs mois, ils sont amis depuis plusieurs années, mais il ne veut pas lui montrer sa terreur. Fuir c'est s'exposer. Il a toujours pensé ainsi. Rester planquer c'est la seule façon de résister et de survivre.
C'est alors que le soleil se lève qu'il part. Désireux d'avancer le plus rapidement possible et ainsi d'avoir le plus de chances de sauver ses proches. Sur le chemin de son départ, à l'orée de la ville, ses amis les plus fidèles tentent d'accrocher son regard pour le convaincre de rester, d'autres sont là pour lui donner des objets censés l'aider dans son aventure, vivres, outils, munitions...
Alors qu'il est loin de la ville, celui qui l'a incité à partir le surprend. "Tu ne crois pas que tu partirais seul quand même?" Fil répond qu'évidemment il comptait partir seul et qu'en plus il ne voulait pas priver la ville de celui qui est le plus à même de la diriger. L'autre explique qu'il a pris toutes ses dispositions et qu'il comptait tant sur la chance de Fil que la sienne pour parvenir à revenir avant que la Horde ne déferle sur la ville. "De quand datent nos dernières informations? Une semaine? Tu penses qu'ils arriveront avant que nous, nous puissions revenir?" "J'en sais rien Keyes" Les deux hommes discutent encore quelques minutes avant de reprendre la route d'un pas vif. Les alentours directs de la ville sont sécurisés et contrôlés, sur environ deux kilomètres des dispositifs de sécurité ainsi que des postes de contrôles surélevés ont été installés de sorte à ce que rien ne puisse attaquer les habitants par surprise.
Des kilomètres plus loin, sans avoir rencontré âme qui vive, les deux héros arrivent à un village qui était répertorié sur leurs cartes, il est tombé sous les attaques d'une Horde. Sans échanger un mot, les deux hommes s'écartent et accélèrent le pas, si des gens sont morts ici récemment c'est qu'il y a de gros risques de se faire attaquer.
Alors qu'ils pensent être enfin assez loin pour ralentir et souffler, un groupe d'une dizaine de personnes se rapprochent. Ce n'est qu'à moins d'une dizaine de mètres que Fil et Keyes sont certains d'être face à des morts-vivants, l'odeur, la démarche et les râles trompent rarement. Ils commencent à reculer tout en tirant des coups précis dans les têtes de leurs ennemis. Ces derniers continuent d'avancer et accélèrent. Fil et Keyes se précipitent vers un arbre assez haut et y grimpent précipitament Keyes aidant Fil a monter plus rapidement. Les morts vivants qui approchent de l'arbre sont abbatus à vue. Finalement, les deux hommes redescendent et observent les cadavres. En effet, la ville est tombée il y a peu de temps, leur état de décomposition n'est pas assez prononcé.
Les deux hommes discutent tout en avançant, la fatigue se faisant de plus en plus sentir. "Tu as une destination? Tu sais où tu vas?" Fil, le regard perdu dans le vague répond "Ouais, j'ai une destination. Je ne pensais pas m'y rendre un jour, mais je pense que le moment est venu. Lorsque j'étais petit, une gamine est arrivée dans un arbre où je me planquais. Elle est tombée et un Mort l'a attaqué, il l'a dévoré sous mes yeux. J'étais paralysé, mais finalement j'ai décidé de jeter mon couteau sur lui, quitte à me jeter à mon tour sur lui si mon coup ratait." Un souffle, Fil se gratte et reprend. "En fait, je sais pas si c'est un miracle ou pas, mais ma lame a atterit en plein sur le crâne du Mort, elle l'a tué net. Je suis descendu, j'ai repris mon couteau et j'ai planté ma lame profondément dans l'oeil du Mort puis de la fille. C'était écoeurant et j'en fais encore des cauchemars. Mais j'ai fouillé les cadavres aussi, et j'ai trouvé une carte sur la fillette. Elle venait d'une ville qui était pas loin. J'ai tenté de m'y rendre, mais c'était en fait un gros bunker. Comment la gamine était arrivée dehors? Je sais pas. Mais en tout cas, moi j'n'ai pas pu m'en approcher tant j'avais peur du bâtiment. Des corps par dizaines s'étalait tout autour de lui. Sans doute des Morts ou leurs victimes... En tout cas, je compte bien aller voir si c'est encore en état par là bas. Voir s'ils pourraient nous aider..."
Keyes regarde son chef un peu incrédule "Qu'est-ce qui te fait dire qu'ils sont encore en vie? Que ce bâtiment, tu l'as pas rêvé? Qu'ils pourront nous aider?" "Je ne sais pas, mais quitte à mourir, autant avoir tout tenté!"
Le voyage reprend et les deux héros rencontrent de nombreux morts vivants qu'ils parviennent éviter ou pas. A un moment, Keyes est blessé mais seul, pas par un Mort vivant. Il ralentit l'allure de Fil, mais ils continuent.
Les deux hommes arrivent juste après qu'une petite troupe de Morts aient tué des voyageurs mal préparés. Un seul survivant est encore là, indemne, il est en train de s'équiper à partir de ce qu'il trouve sur les cadavres. Il explique à Fil et Keyes qu'il vient de l'endroit où ces derniers se rendent et qu'il compte y retourner pour expliquer ce qu'il s'est passé. L'endroit en question cherche à contacter les gens de tous les alentours pour les accueillir et participer à la reconstruction de l'humanité, en prenant les armes le plus souvent possible contre les Morts Vivants. L'endroit est fortifié, c'est une ancienne base militaire qui servait de fabrique et de dépôt d'armes. Nombreux sont les survivants à s'y être rendus et à y avoir fondé une famille. Fil et Keyes n'en reviennent pas et attendent avec impatience d'y arriver pour y récupérer des hommes ou du matériel pour les aider. Arlus, leur nouveau compagnon parle de l'endroit comme étant un Eldorado. Les deux autres hommes rêvent les yeux ouverts, totalement subjugés par les merveilles qu'évoque Arlus.
Peu de temps avant d'arriver à la base, ils sont en hauteur et peuvent l'admirer. Lumineuse et visiblement accueillante. Alors qu'ils reprennent la route, Arlus abat Keyes d'une balle en pleine tête.
"Tu seras mon cheval de Troie! C'est toi qui sera ma clé pour rentrer! Tu feras tout ce que je dis!" Arlus explique à un Fil encore choqué ce qu'il attend de lui.
Quelques centaines de mètres avant d'arriver à la Base, Fil apperçoit un mort se faire descendre par un tir provenant de la Base. Au même moment Arlus le pousse pour le faire avancer, Fil attrape son arme, la retourne contre lui et l'abat. Au même instant, une balle le touche en plein milieu de la colonne vertébrale. Abbatu d'une balle, il tombe au sol, sans comprendre ce qui lui arrive...
Une piste en plein désert, il fait nuit et trop chaud pour parvenir à marcher debout. Ramper, traîner sa langue au sol à défaut de parvenir à la garder dans sa bouche. Avoir chaque partie de son corps desséchée et se souvenant pourtant de l'humidité. Les démangeaisons dues au sable, la chaleur, les parcelles de peau parties par frottement... Le désert? Mais où? Il n'y a pas de désert dans la région. Et les armes? Les Morts? Où sont-ils? La gamine court vers l'arbre. S'y rendre pour l'en empêcher. Comment peut-elle courir si vite par cette chaleur? Elle est nue et son corps porte des marques de griffures. L'Autre arrive aussi, mais assez lentement. Se mettre en travers de son chemin. Ne pas s'arrêter. Oublier la souffrance. Penser au delà son corps.
Fil rouvre les yeux à l'instant même où il allait parvenir à bloquer l'autre Mort. Une douleur fulgurante le maintient au sol, et le rend fou tant elle est puissante et incomparable avec quoi que ce soit qu'il ait déjà ressenti. Tout son corps n'est que douleur, chaque partie de son corps ne demande qu'à exploser, à l'intérieur de ses limites. Chaque parcelle de son être s'étire et se déchire par explosion, son cerveau lui même doit être en miettes. Il ne parvient plus à réfléchir. Son corps tout entier meurt. Il ne parvient plus à réfléchir de façon cohérente.
Une lumière perce sa douleur, une lumière appaisante. Là-bas, loin derrière le mur. Il ne peut pas s'y rendre, on le tuerait.
Et alors? Tout plutôt que souffrir encore plus... Lentement, il se relève. Une fois suffisamment redressé, un tir réduit physiquement sa tête en miettes.
Fil tombe une seconde fois. Son corps flasque et mou ne répondant plus à aucun autre stimulus que les dernières ondes électriques parcourant ses nerfs...

1 commentaire:

Lesendar a dit…

C'est juste un test pour voir si je peux me remettre à l'écriture. Pas de logique vraiment, pas de suite, pas d'idée derrière la tête, juste envie de tenter d'écrire. Pas question que je travaille ce truc plus que ça ou quoi...