jeudi 21 octobre 2010

Orgueil et préjugés et zombies de Seth Grahame-Smith

Si j'ai lu Orgueil et Préjugés de Jane Austen, c'était dans le but de comparer avec une adaptation amusante appelée "Orgueil et Préjugés et Zombies" de Seth Grahame Smith.
En effet, je pense que bien qu'il soit parfait, le roman de Jane Austen manquait singulièrement de Zombies. C'est indéniable! Vous avez vu des Zombies dans son roman? Non?! C'est justement parce que ça manque de Zombies. C'est de ce constat qu'est parti Seth Grahame Smith. Il a donc repris le texte original en le parsemant de Zombies.
Riche idée n'est-il pas?

Et bien, finalement, moi qui suit fan de Zombies, je n'ai même pas réussi à finir de lire la version avec les Zombies. Je ne sais franchement pas si c'est dû à la traduction ou réellement au texte, mais je n'ai pas adhéré une seconde au roman. Alors que j'ai vraiment été fan de la version de Jane Austen.
Dans Orgueil et Préjugés et Zombies, en version française, le texte est clairement moins bien écrit que dans Orgueil et Préjugés. Le niveau de langueage est plusieurs crans en dessous du classique. C'est là que je ne comprends pas. Orgueil et Préjugés et Zombies va être adapté au cinéma par Lionsgate. Le roman a cartonné outre-atlantique. Mieux encore, il a été adapté en BD et il y aura peut-être (je pense que c'est un "fake") une version Orgueil et Prédator et il y a eu un Abraham Lincoln Vampire Hunter... Mais pourquoi alors, je n'accroche pas?
Je trouve, outre le niveau de langage vraiment déplorable comparé à la version de Jane Austen, que les Zombies n'apportent rien à l'histoire.
Le potentiel qu'apportent les Zombies est énorme pour une œuvre classique (regardez l'effet qu'a eu Twilight sur les ventes des romans de Brönte), et à défaut d'être énorme, elle amène une lecture plus ludique de l'œuvre et peut permettre un nouveau regard sur le texte original.
Mais là, rien, ça ne veut pas prendre. Les Zombies n'apportent rien à l'histoire, sont traités comme du décor et pas vraiment un élément à part entière de l'histoire...
Bref, on est face à une grosse blague qui n'en est pas une. Certains qualifient ce livre de fanfiction (à l'image des nouvelles rédigées autour d'un personnage d'un jeu vidéo, d'une scène d'un film, ou de je ne sais quel autre "truc" tiré de je ne sais quel autre "média") qui aurait réussi, d'autres d'arnaques et clairement d'autres le considèrent comme une œuvre intelligente et "utile".

Tout ce que je peux en dire c'est que si ce n'est pas un défaut de traducteur qui rend le texte si mauvais (j'insiste sur ce point puisque d'après ce que j'ai lu, Seth Grahame Smith aurait gardé 85% du texte d'origine, or en français, le texte "d'origine" est mieux écrit dans le classique que dans la version avec Zombies), le livre en lui-même ne m'a rien apporté d'un point de vue "plaisir de lire", ou même d'un point de vue "culture Zombie"...

Bref, une pure déception pour moi...

Meto la trilogie d'Yves Grevet

Si vous passez souvent en librairie, vous devez forcément avoir vu la couverture du premier tome. Une couleur orangée, un enfant masqué qui avance sur le côté mais qui semble nous regarder.

Meto est un enfant vivant dans une Maison très particulière. On y suit des règles strictes et assez incroyables, lorsqu'on atteint une certaine taille on est enlevé de nuit, sans un bruit. Le premier tome présente cette Maison, ses habitants (ayant tous des noms évoquant des noms romains en "-US"), ses professeurs ayant tous le même prénom (César) suivi d'un numéro. Bref, une ambiance oppressante et "bizarre". Le lecteur y suit Meto, un enfant qui cherche à découvrir ce que cache cette vie, qui croit se souvenir d'un "avant". Au fur et à mesure des découvertes, on est lié aux personnages du roman, on veut aller plus loin dans l'exploration. On veut comprendre ce qui est caché derrière "tout ça". La fin du premier tome ne peut nous empêcher d'éprouver une frustration et de vouloir aussitôt enchaîner sur le second tome. Tome, qui lui aussi, donne tout autant envie de dévorer le troisième. Et ce n'est qu'à la fin du troisième tome qu'on se dit que définitivement, on a là une trilogie remarquable, une oeuvre qu'on ne peut oublier. Et accessoirement, on se prête à regretter qu'Yves Grevet n'ait pas été purement mercantile, ne se soit pas livré, comme nombre d'auteurs jeunesse à l'exercice d'une saga plus longue. Heureusement qu'il ne l'a pas fait puisque les trois tomes sont vraiment époustouflants et marquants.
Parler de la suite du roman et de la trilogie serait révéler trop ce que cache l'histoire, mais disons simplement que le monde que présente Yves grevet est prenant, saisissant et tout de même assez effrayant. Meto est entouré d'amis, de traîtres, d'ennemis. L'auteur n'hésite pas à confronter son héros à des situations difficiles, si bien qu'un adulte pourra lire le livre après l'avoir offert à son enfant, ou qu'un enfant pourra le prêter à son parent après l'avoir lu.

Je rêve de voir une adaptation en film de ce roman (je soupçonne l'auteur d'y avoir pensé tant certains moments sont assez "cinématographiques"), une ambiance qui pourrait commencer un peu comme "les Choristes", mais virant rapidement vers l'univers propre à celui dans lequel Meto évolue.

Yves Grevet a un style d'écriture agréable à lire, les rebondissements ne sont pas tous prévisibles, sans pour autant provenir de nulle part. Les personnages sont attachants (pour peu qu'on ne s'emmêle pas les pinceaux entre les prénoms en -US ou les prénoms composés...) et la narration est "efficace" (en ce sens où on a envie d'en savoir plus, ou certaines ellipses sont "frustrantes" mais bien pensées).

Bref, c'est une trilogie bien menée, sans temps mort et sans scène inutile. Tout est parfaitement agencé comme dans une grande histoire.
Je n'ai qu'une hâte (après celle de voir Meto adapté en film), c'est de voir Yves Grevet nous présenter un nouveau roman. Qu'il soit classé en adulte ou en jeunesse!

Orgueil et Préjugés de Jane Austen

Ami lecteur, bonjour!

Comment peut-on, aujourd'hui en 2010, parler encore d'un livre publié en 1813? Comment, le faire même, lorsqu'on est un homme, qui aime surtout le fantastique et qui ne s'intéresse que rarement aux classiques?
Et bien, ma foi, en se disant qu'il peut être intéressant...

Et bien, mes amis! Quelle surprise!
Jane Austen, âgée d'à peine plus de 20 ans écrit un roman drôle, captivant, dépeignant une certaine société britannique, mais d'une façon tellement prenante qu'on ne peut oublier par la suite les Mr Darcy ou les Elizabeth et Jane Bennet, leur mère, ou les Bingley...
L'histoire est assez simple à résumer. Les soeurs Bennet sont plus ou moins en âge de se marier, elles rencontrent des hommes bons partis ou non, et vont ou non les épouser. Elizabeth tombe amoureuse d'un homme que tous considèrent comme pédant et désagréable. Même elle le verra longtemps sous un mauvais jour. Sa soeur Jane est amoureuse d'un homme qui semble, lui aussi amoureux d'elle, mais qui pourtant va s'éloigner. On apprendra que c'est de la faute de ses vilaines soeur et de son meilleur ami. L'une des soeurs Bennet s'enfuit avec un homme menteur et profiteur. Mais finalement, malgré moult péripéties de Salon, tout se termine bien. Bien que l'histoire se déroule principalement en intérieur, on est pris dans le voyage, on se retrouve avec les Bennet et leurs proches. On voit les paysages entrevus lors des voyages ou par les fenêtres des salons, on aime ou on déteste les gens aimables ou non. On est totalement pris dans les descriptions faites par Jane Austen. C'est là que réside la force de ce roman. Toute la finesse de l'écriture est dans ce jeu de "ou non", dans les hésitations des héroïnes, dans celles des hommes qu'elles rencontrent, dans le jeu des convenances, dans les non-dits. Jane Austen touche précisément les points qu'il faut pour émouvoir, prêter à rire, ou à critiquer les us et coutumes des anglais de l'époque. Elle parvient à présenter ses contemporains d'une façon amusante, on devine aisément les moments où elle tire sur de grosses ficelles, où elle "parodie" une façon de penser.
Comment ne pas aimer un livre où l'histoire n'est pas le cœur du livre, où l'auteur préfère dépeindre la société dans laquelle évolue ses personnages, préfère s'arrêter sur les pensées qui découlent de la réception d'une lettre ou d'une phrase pensée à haute voix? Jane Austen le fait tellement bien qu'on ne peut être que déçu lorsqu'arrive la dernière page du roman. On ne peut qu'avoir envie d'en lire un autre, voire de le relire.
Le style est bien plus qu'agréable à lire, on sent la moquerie, gentille ou cynique, on sent l'humour, on sent le regard amusé qu'elle avait lorsqu'elle écrivait ce livre.

Je ne regrette certainement pas d'avoir lu ce livre si tard dans ma vie, puisqu'avant je n'aurais sans doute pas su apprécier le piquant de l'écriture. Je n'aurais sans doute pas compris de la même façon tous les moments savoureux qui parsèment l'histoire. Je n'aurais sans doute pas pris la peine de lire entièrement un livre si "sentimental" et "personnel".
C'est amusant de voir qu'on peut dévorer un livre comme Orgueil et préjugés, mais qu'on ne peut arriver à lire des livres classés dans les secteurs "sentimentaux" de notre époque ou de nos auteurs classiques.

En attendant, je comprends pourquoi ce livre fait partie des grands classiques de la littérature. Il m'a fait le même effet que les trois mousquetaires, c'est une véritable perle qu'il faut avoir lu avant sa mort pour ne pas regretter d'être passé à côté de quelque chose "d'énorme" !