jeudi 21 octobre 2010

Orgueil et Préjugés de Jane Austen

Ami lecteur, bonjour!

Comment peut-on, aujourd'hui en 2010, parler encore d'un livre publié en 1813? Comment, le faire même, lorsqu'on est un homme, qui aime surtout le fantastique et qui ne s'intéresse que rarement aux classiques?
Et bien, ma foi, en se disant qu'il peut être intéressant...

Et bien, mes amis! Quelle surprise!
Jane Austen, âgée d'à peine plus de 20 ans écrit un roman drôle, captivant, dépeignant une certaine société britannique, mais d'une façon tellement prenante qu'on ne peut oublier par la suite les Mr Darcy ou les Elizabeth et Jane Bennet, leur mère, ou les Bingley...
L'histoire est assez simple à résumer. Les soeurs Bennet sont plus ou moins en âge de se marier, elles rencontrent des hommes bons partis ou non, et vont ou non les épouser. Elizabeth tombe amoureuse d'un homme que tous considèrent comme pédant et désagréable. Même elle le verra longtemps sous un mauvais jour. Sa soeur Jane est amoureuse d'un homme qui semble, lui aussi amoureux d'elle, mais qui pourtant va s'éloigner. On apprendra que c'est de la faute de ses vilaines soeur et de son meilleur ami. L'une des soeurs Bennet s'enfuit avec un homme menteur et profiteur. Mais finalement, malgré moult péripéties de Salon, tout se termine bien. Bien que l'histoire se déroule principalement en intérieur, on est pris dans le voyage, on se retrouve avec les Bennet et leurs proches. On voit les paysages entrevus lors des voyages ou par les fenêtres des salons, on aime ou on déteste les gens aimables ou non. On est totalement pris dans les descriptions faites par Jane Austen. C'est là que réside la force de ce roman. Toute la finesse de l'écriture est dans ce jeu de "ou non", dans les hésitations des héroïnes, dans celles des hommes qu'elles rencontrent, dans le jeu des convenances, dans les non-dits. Jane Austen touche précisément les points qu'il faut pour émouvoir, prêter à rire, ou à critiquer les us et coutumes des anglais de l'époque. Elle parvient à présenter ses contemporains d'une façon amusante, on devine aisément les moments où elle tire sur de grosses ficelles, où elle "parodie" une façon de penser.
Comment ne pas aimer un livre où l'histoire n'est pas le cœur du livre, où l'auteur préfère dépeindre la société dans laquelle évolue ses personnages, préfère s'arrêter sur les pensées qui découlent de la réception d'une lettre ou d'une phrase pensée à haute voix? Jane Austen le fait tellement bien qu'on ne peut être que déçu lorsqu'arrive la dernière page du roman. On ne peut qu'avoir envie d'en lire un autre, voire de le relire.
Le style est bien plus qu'agréable à lire, on sent la moquerie, gentille ou cynique, on sent l'humour, on sent le regard amusé qu'elle avait lorsqu'elle écrivait ce livre.

Je ne regrette certainement pas d'avoir lu ce livre si tard dans ma vie, puisqu'avant je n'aurais sans doute pas su apprécier le piquant de l'écriture. Je n'aurais sans doute pas compris de la même façon tous les moments savoureux qui parsèment l'histoire. Je n'aurais sans doute pas pris la peine de lire entièrement un livre si "sentimental" et "personnel".
C'est amusant de voir qu'on peut dévorer un livre comme Orgueil et préjugés, mais qu'on ne peut arriver à lire des livres classés dans les secteurs "sentimentaux" de notre époque ou de nos auteurs classiques.

En attendant, je comprends pourquoi ce livre fait partie des grands classiques de la littérature. Il m'a fait le même effet que les trois mousquetaires, c'est une véritable perle qu'il faut avoir lu avant sa mort pour ne pas regretter d'être passé à côté de quelque chose "d'énorme" !

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