Vegas Mytho, le dernier roman adulte de Christophe Lambert. Attendu depuis plus d'un an par les fans.
Le pitch est plus qu'attirant: "Les dieux des anciens panthéons existent, ils sont devenus Hommes parmi les Hommes. Dans les années 50, à Vegas, deux panthéons divins se livrent une guerre sur fond de Casino, de FBI et de Mafia."
Le scénario, même s'il est classique, est assez bien ficelé. La trame narrative reste fidèle au genre des "polars noirs". On est "baladé" d'événement en événement comme dans un film.
L'auteur s'est documenté sur pas mal de choses, comme d'habitude ça se sent, parfois un peu trop.
Bon, en fait, je ne pourrai pas être objectif tant ce livre m'a frustré. Tout d'abord, je tiens à préciser que j'ai lu American Gods et que c'est un livre qui m'a vraiment plu. Mais je vais tenter d'en faire abstraction durant cette critique...
Le premier point négatif pour moi est la narration. Le narrateur est un pseudo alcoolique, un pseudo artiste, mais rien dans sa façon de raconter l'histoire ne sonne vrai. Il est stéréotypé sans parvenir à faire crédible. Il est vulgaire, cru et trop peu intéressant pour qu'on ait envie de faire l'effort de le suivre. On pourrait penser à un parti-pris, mais en fait, ça ne colle pas.
Si on lie ce point aux personnages divins, on se sent encore plus mal. Là encore, ils sont stéréotypés, mais en plus, comme le personnage principal, ils sont "bêtes", prévisibles, voire pire, carrément pas divins. On pourrait s'attendre, de la part d'immortels, à des dialogues plus relevés, voire plus "classieux", mais non, on a l'impression de lire des dialogues d'un mauvais film français. C'est dommage.
Pour clôturer le tout, l'autre gros aspect négatif, et pas le moindre, c'est le fait que l'histoire est censée se dérouler dans les années 50, mais qu'à AUCUN moment je n'ai eu la sensation d'y être immergé. L'histoire pourrait tout aussi bien se dérouler aujourd'hui, il y a 10-20 ans ou demain ou dans 10-20 ans, on ne verrait pas du tout la différence. C'est d'autant plus dommage que TOUT LE LONG du livre, on ne peut s'empêcher de remarquer des anachronismes, des remarques qui ne collent pas du tout à l'époque, des choix d'images qui ne sont pas d'époques ou qui sonnent "faux". Bref, moi qui ne suis féru ni d'histoire antique, ni des fifties, j'ai remarqué ces erreurs. Je n'ose imaginer les réactions des plus accros à l'histoire.
D'ailleurs, les anecdotes (ou événements de l'Histoire avec le grand H) relatés par nos personnages immortels, si elles sont sans aucune doute basées sur du réel et bien documentées, n'en restent pas moins trop classiques et "entendues" pour être intéressantes (Athena critique Hitler comme le font les "oui-mais" (C'est un fou psychopathe), Thor qui soutient Hitler pour le plaisir de faire la guerre (je Caricature, mais on est plus à ça près dans ce livre))...
En conclusion, Vegas Mytho est un roman avec des Dieux qui n'ont rien de divin (si, ils lancent des éclairs, peuvent lire dans les pensées, ou profiter de quelques super pouvoirs), qui se comportent comme les sous doués en vacances mais qui sont malgré tout plus balèzes que l'histoire (ils arrivent à manigancer et trahir plus que ceux qui manigancent et trahissent), et qui est narré par un type qui pourrait être n'importe quel clampin se prenant pour un "beau gosse de la narration".
Bref, du grand n'importe quoi...
Pourtant...
Ce livre pourra plaire à des personnes qui aiment lire sans se prendre la tête, qui ne sont pas gênées par de nombreuses libertés historiques (et autres anachronismes flagrants), ou qui pourquoi pas veulent s'essayer à de la fiction moins spatiale ou ork Vs elfes...
Fondamentalement, Vegas Mytho n'est pas mauvais, mais il aurait pu être mille fois meilleur. C'est ça qui me désole. Avoir trouvé un auteur qui se lise bien, mais pour lequel je me dis sans cesse "Si c'était mieux écrit, ça serait géant!"
mardi 15 juin 2010
Vegas Mytho de Christophe Lambert
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jeudi 3 juin 2010
La tour de Tokyo. Maman, moi, et papa de temps en temps. Lily Franky
La tour de Tokyo. Maman, moi, et papa de temps en temps.
Un roman de Lily Franky (Le pseudo de Nakagawa Masaya).
Cet auteur n'est pas vraiment connu en France, pourtant au Japon,il est illustrateur, musicien, chroniqueur de presse et de radio, scénariste, acteur de cinéma, auteur d'albums pour les enfants. Bref, c'est un personnage polymorphe et complet.
Ce roman est en fait un récit rendant hommage à la mère de l'auteur. Le titre en soit n'apporte pas autant d'informations sur le livre que le sous-titre. "maman, moi, et papa de temps en temps."
L'auteur est né dans la campagne japonaise dans les années soixante. C'est un Japon en plein mutation qu'il nous fait découvrir. Un Japon qui éclate et qui s'éveille dans la modernité, tout en gardant son mode de vie ancestral.
Mais très rapidement, cet aspect "sociologique" du livre passe au second plan, s'efface devant la relation du fils et de la mère. Le père a quitté très tôt la cellule familiale pour continuer à vivre SA vie, mais qui n'a de cesse de repasser dans la vie de sa femme et de son fils. La mère, elle, a en grande partie quitté sa vie de femme pour ne rester que mère.
Lily Franky nous présente sa vie, sa mère, mais sa tomber dans la mièvrerie, sans faux-semblants, sans se cacher. Un tableau qui bouleverse et émeut tant on s'identifie aux personnages, ou tant on aimerait ou non ne pas se retrouver dans ce qu'il raconte.
Nombreux sont les passages où l'on ri, où l'on s'indigne, où l'on acquiesce aux propos de l'auteur. On ne peut que s'étonner aussi lorsqu'on se rend compte que malgré les différences culturelle et sociale, les japonais sont "comme nous en occident".
Comment ne pas tomber d'accord lorsque l'auteur remarque que l'homme ne cesse d'évoluer, d'inventer, d'innover, de s'entourer de technologie et de se différencier de ses ancètres, mais que malgré tout, les sentiments qu'éprouvaient nos ancètres, nous les éprouvons aussi.
On se retrouve aux côtés du narrateur. A arpenter le japon au cours du temps, jusqu'à aujourd'hui. Ses griefs, ses coups de coeur, on ne peut que se les approprier en s'étonnant de ne pas les avoir écrits, voire exprimés nous même.
Pour palier à d'éventuels a priori que vous pourriez avoir, je tiens à signaler deux trois choses (au vu d'autres critiques sur le net, je ne peux que m'étonner et le signaler ici).
L'auteur présente sa vie, en regard de ses expériences, il parle de ses parents en les présentant comme il les ressent. J'ai pu lire que son père était violent. Je ne suis pas d'accord. Oui Lily parle de deux scènes de violences liées à l'alcool, oui il parle d'un père rentrant tard et alcoolisé, mais à aucun moment il ne dit que son père était "mauvais ou le frappait", d'ailleurs on ressent l'intensité de ces scènes, mais pas pour autant une maltraitance continue. D'ailleurs les parents se séparent rapidement, mais pas seulement pour ces raisons. Lorsque l'enfant reverra son père, on comprendra que celui-ci n'est pas un "père". Il voudrait sans doute l'être, et encore. Il gère son fils à distance, sans vraiment interférer dans sa vie, et quand il le fait, c'est bien maladroitement (par exemple, emmener son fils de 15 ans dans les "bains turcs" pour lui apprendre à dessiner des casques de chantier. Il le fait sans arrière-pensée sans doute, mais en terme d'éducation, c'est moyen...)
De même, la mère à laquelle rend hommage Lily, est une mère "parfaite", et cette image pourrait choquer nos féministes, voire des mères moins "fusionnelles". Pourtant, là encore, ce n'est pas ça qui m'a marqué, mais plutôt les sentiments du fils à l'égard de cette femme. Elle s'est "sacrifiée" pour qu'il puisse devenir un homme, un être responsable et adulte. Elle lui a donné toute sa vie. Jusqu'à ce qu'à son tour, son fils la prenne en charge. Alors, oui on pourra s'indigner de voir ce fils lui mentir, la prendre de haut. Pourtant, qui ne l'a pas fait? Qui n'a pas à un moment eut des choses à se reprocher après une dispute avec ses parents, ou après un événement "quelconque"? Mais comme je le disais plus haut, la force de Lily, c'est qu'il ne tombe pas dans le drama, il raconte. Il explique avec son regard et ça frappe au ventre, ça touche, parfois jusqu'aux larmes. Il sait manier les mots, sans en faire trop, en rythmant son texte comme pour nous enchanter.
Enfin, la tour de Tokyo. Ce titre, pour vraiment en apprécier toute la saveur, sans doute faudra-t-il en observer une photo et relire les premières pages du livre. Faute de quoi on pourrait passer à côté de certaines images qui titillent à la lecture mais ne s'imprègnent qu'au final.
Pour conclure, j'ai été plus qu'ému par ce livre, dévoré en deux soirées. Je regrette de ne pas l'avoir lu plus tôt (faute de quoi ma mère l'aurait reçu à la fête des mères) et encore une fois je me dis que jamais un enfant ne pourra remercier ses parents ou leur rendre hommage à la hauteur des sacrifices qu'ils font pour eux.
Un jour, en mai, quelqu'un m'a dit comm ça:
Fais juste ce que tu veux. Mais c'est ça qui est difficile.
Si je devais noter ce livre, il aurait bien le 19/20 (et encore parce la traduction m'a titillé à plusieurs reprises.)
Un roman de Lily Franky (Le pseudo de Nakagawa Masaya).
Cet auteur n'est pas vraiment connu en France, pourtant au Japon,il est illustrateur, musicien, chroniqueur de presse et de radio, scénariste, acteur de cinéma, auteur d'albums pour les enfants. Bref, c'est un personnage polymorphe et complet.
Ce roman est en fait un récit rendant hommage à la mère de l'auteur. Le titre en soit n'apporte pas autant d'informations sur le livre que le sous-titre. "maman, moi, et papa de temps en temps."
L'auteur est né dans la campagne japonaise dans les années soixante. C'est un Japon en plein mutation qu'il nous fait découvrir. Un Japon qui éclate et qui s'éveille dans la modernité, tout en gardant son mode de vie ancestral.
Mais très rapidement, cet aspect "sociologique" du livre passe au second plan, s'efface devant la relation du fils et de la mère. Le père a quitté très tôt la cellule familiale pour continuer à vivre SA vie, mais qui n'a de cesse de repasser dans la vie de sa femme et de son fils. La mère, elle, a en grande partie quitté sa vie de femme pour ne rester que mère.
Lily Franky nous présente sa vie, sa mère, mais sa tomber dans la mièvrerie, sans faux-semblants, sans se cacher. Un tableau qui bouleverse et émeut tant on s'identifie aux personnages, ou tant on aimerait ou non ne pas se retrouver dans ce qu'il raconte.
Nombreux sont les passages où l'on ri, où l'on s'indigne, où l'on acquiesce aux propos de l'auteur. On ne peut que s'étonner aussi lorsqu'on se rend compte que malgré les différences culturelle et sociale, les japonais sont "comme nous en occident".
Comment ne pas tomber d'accord lorsque l'auteur remarque que l'homme ne cesse d'évoluer, d'inventer, d'innover, de s'entourer de technologie et de se différencier de ses ancètres, mais que malgré tout, les sentiments qu'éprouvaient nos ancètres, nous les éprouvons aussi.
On se retrouve aux côtés du narrateur. A arpenter le japon au cours du temps, jusqu'à aujourd'hui. Ses griefs, ses coups de coeur, on ne peut que se les approprier en s'étonnant de ne pas les avoir écrits, voire exprimés nous même.
Pour palier à d'éventuels a priori que vous pourriez avoir, je tiens à signaler deux trois choses (au vu d'autres critiques sur le net, je ne peux que m'étonner et le signaler ici).
L'auteur présente sa vie, en regard de ses expériences, il parle de ses parents en les présentant comme il les ressent. J'ai pu lire que son père était violent. Je ne suis pas d'accord. Oui Lily parle de deux scènes de violences liées à l'alcool, oui il parle d'un père rentrant tard et alcoolisé, mais à aucun moment il ne dit que son père était "mauvais ou le frappait", d'ailleurs on ressent l'intensité de ces scènes, mais pas pour autant une maltraitance continue. D'ailleurs les parents se séparent rapidement, mais pas seulement pour ces raisons. Lorsque l'enfant reverra son père, on comprendra que celui-ci n'est pas un "père". Il voudrait sans doute l'être, et encore. Il gère son fils à distance, sans vraiment interférer dans sa vie, et quand il le fait, c'est bien maladroitement (par exemple, emmener son fils de 15 ans dans les "bains turcs" pour lui apprendre à dessiner des casques de chantier. Il le fait sans arrière-pensée sans doute, mais en terme d'éducation, c'est moyen...)
De même, la mère à laquelle rend hommage Lily, est une mère "parfaite", et cette image pourrait choquer nos féministes, voire des mères moins "fusionnelles". Pourtant, là encore, ce n'est pas ça qui m'a marqué, mais plutôt les sentiments du fils à l'égard de cette femme. Elle s'est "sacrifiée" pour qu'il puisse devenir un homme, un être responsable et adulte. Elle lui a donné toute sa vie. Jusqu'à ce qu'à son tour, son fils la prenne en charge. Alors, oui on pourra s'indigner de voir ce fils lui mentir, la prendre de haut. Pourtant, qui ne l'a pas fait? Qui n'a pas à un moment eut des choses à se reprocher après une dispute avec ses parents, ou après un événement "quelconque"? Mais comme je le disais plus haut, la force de Lily, c'est qu'il ne tombe pas dans le drama, il raconte. Il explique avec son regard et ça frappe au ventre, ça touche, parfois jusqu'aux larmes. Il sait manier les mots, sans en faire trop, en rythmant son texte comme pour nous enchanter.
Enfin, la tour de Tokyo. Ce titre, pour vraiment en apprécier toute la saveur, sans doute faudra-t-il en observer une photo et relire les premières pages du livre. Faute de quoi on pourrait passer à côté de certaines images qui titillent à la lecture mais ne s'imprègnent qu'au final.
Pour conclure, j'ai été plus qu'ému par ce livre, dévoré en deux soirées. Je regrette de ne pas l'avoir lu plus tôt (faute de quoi ma mère l'aurait reçu à la fête des mères) et encore une fois je me dis que jamais un enfant ne pourra remercier ses parents ou leur rendre hommage à la hauteur des sacrifices qu'ils font pour eux.
Un jour, en mai, quelqu'un m'a dit comm ça:
Fais juste ce que tu veux. Mais c'est ça qui est difficile.
Si je devais noter ce livre, il aurait bien le 19/20 (et encore parce la traduction m'a titillé à plusieurs reprises.)
lundi 22 mars 2010
La nef des Fous de Richard-Paul Russo
Bonjour,
Tout d'abord, la nef des fous n'a rien à voir avec la BD et les autres œuvres auxquelles vous pouvez penser. C'est un roman de Space Opera.
Richard-Paul Russo est un véritable conteur, l'histoire qu'il présente est follement captivante, pourtant comme je l'ai lu par ailleurs, rien n'est nouveau dans sa façon de l'amener.
Pour résumer, un gigantesque vaisseau erre dans l'espace depuis des siècles, les humains à son bord ne savent même plus s'il provient de la Terre ou du système solaire, voire pire, s'il n'a pas toujours été dans l'espace. Un vaisseau dans lequel on trouve des milliers de personnes, avec des niveaux hiérarchiques et une église chrétienne. Lorsque les navigateurs repèrent une planète viables, ils y envoient des équipes et des moissonneuses qui y récupèrent toutes les ressources possibles pour les traiter et les utiliser dans le vaisseau.
Sauf que sur "Antioche", ils découvrent l'horreur... Et paradoxalement, une piste à suivre dans l'espace... Cette piste mène vers un vaisseau d'origine inconnue. Les extra-terrestres existent-ils? Comment est-il possible qu'un vaisseau de cette taille ait été abandonné?
Voici en gros le "pitch" de ce roman.
Ajoutons des personnages assez "typés", un narrateur handicapé, un capitaine de navire perdant peu à peu son pouvoir, un évêque pas très bon, une femme prêtre, un nain... Des personnages peut-être stéréotypés, mais agréables à découvrir. L'auteur les confronte les uns aux autres et leur donne une cohérence, une vie propre...
Ainsi on est dans une histoire classique d'exploration et de mauvaises surprises avec des personnages assez classiques. Pourtant, ça tourne magnifiquement bien. On est happé par la narration, par l'histoire elle-même. On veut savoir où l'auteur nous amène.
C'en est même assez frustrant car lorsqu'arrivent les dernières pages on sent qu'on aurait aimé en avoir plus, aller plus avant dans des détails, dans l'histoire des habitants de l'Argonos...
Mais non. L'auteur met un point final sur une ouverture. Ouverture qui peut être perçue de deux façons, un avenir potentiellement positif ou un avenir qui est une répétition du passé.
La nef des fous est donc un roman qui traite de l'exploration de l'espace, de l'être humain dans ses rapports à l'autre et à l'inconnu, de la religion (encore).
Je ne peux que le conseiller aux amateurs de SF, mais je ne sais pas si les autres lecteurs pourraient l'apprécier vraiment tant il n'apporte pas grand chose au genre.
Tout d'abord, la nef des fous n'a rien à voir avec la BD et les autres œuvres auxquelles vous pouvez penser. C'est un roman de Space Opera.
Richard-Paul Russo est un véritable conteur, l'histoire qu'il présente est follement captivante, pourtant comme je l'ai lu par ailleurs, rien n'est nouveau dans sa façon de l'amener.
Pour résumer, un gigantesque vaisseau erre dans l'espace depuis des siècles, les humains à son bord ne savent même plus s'il provient de la Terre ou du système solaire, voire pire, s'il n'a pas toujours été dans l'espace. Un vaisseau dans lequel on trouve des milliers de personnes, avec des niveaux hiérarchiques et une église chrétienne. Lorsque les navigateurs repèrent une planète viables, ils y envoient des équipes et des moissonneuses qui y récupèrent toutes les ressources possibles pour les traiter et les utiliser dans le vaisseau.
Sauf que sur "Antioche", ils découvrent l'horreur... Et paradoxalement, une piste à suivre dans l'espace... Cette piste mène vers un vaisseau d'origine inconnue. Les extra-terrestres existent-ils? Comment est-il possible qu'un vaisseau de cette taille ait été abandonné?
Voici en gros le "pitch" de ce roman.
Ajoutons des personnages assez "typés", un narrateur handicapé, un capitaine de navire perdant peu à peu son pouvoir, un évêque pas très bon, une femme prêtre, un nain... Des personnages peut-être stéréotypés, mais agréables à découvrir. L'auteur les confronte les uns aux autres et leur donne une cohérence, une vie propre...
Ainsi on est dans une histoire classique d'exploration et de mauvaises surprises avec des personnages assez classiques. Pourtant, ça tourne magnifiquement bien. On est happé par la narration, par l'histoire elle-même. On veut savoir où l'auteur nous amène.
C'en est même assez frustrant car lorsqu'arrivent les dernières pages on sent qu'on aurait aimé en avoir plus, aller plus avant dans des détails, dans l'histoire des habitants de l'Argonos...
Mais non. L'auteur met un point final sur une ouverture. Ouverture qui peut être perçue de deux façons, un avenir potentiellement positif ou un avenir qui est une répétition du passé.
La nef des fous est donc un roman qui traite de l'exploration de l'espace, de l'être humain dans ses rapports à l'autre et à l'inconnu, de la religion (encore).
Je ne peux que le conseiller aux amateurs de SF, mais je ne sais pas si les autres lecteurs pourraient l'apprécier vraiment tant il n'apporte pas grand chose au genre.
mardi 16 février 2010
Sacrifice
Juiran venait de terminer ses corvées, et passait les bras chargés de linge sur la place du village lorsque ses yeux croisèrent ceux d’un bel étranger. Un baroudeur à n’en pas douter. Il discutait avec les gardes à l’entrée du village.
- Oui. Oui, j’ai entendu. Vous ne voulez pas de problèmes, je n’ai droit de dormir ici qu’une seule nuit. Pas de problèmes. J’ai compris…Les deux gardes sourirent devant l’air ahuri de l’aventurier. L’un d’eux leva le menton en direction de la jeune fille.
- C’est Juiran, la plus jolie fille du village. A mon avis, vous feriez mieux de ne pas vous en approcher. Les étrangers comptant fleurette à nos filles, c’est mal vu. Sans vouloir vous offenser.
- Pas de souci. Où est-ce que je pourrais dormir ? Le regard du jeune homme ne quittait plus la silhouette de Juiran. Elle avait accéléré le pas en voyant les trois hommes l’observer. D’une oreille distraite il écouta le garde lui expliquer où dormir tandis que l’autre garde reniflait qu’ils ne désiraient pas avoir de problèmes en ville.
La nuit tombée, Jurian errait à proximité de la maison du maire, espérant croiser le bel inconnu. Il était sorti marcher sous les étoiles. Lorsqu’il la vit, il la salua, un sourire charmeur aux lèvres.
- Que fait une jeune fille comme vous dehors à une heure pareille ?
- Je suis simplement sortie prendre l’air. Et vous ?
- Pareil. Vous avez le temps de discuter ?
- Un peu je pense, avant que mes parents ne s’inquiètent…
S’éloignant des lumières fades de la place, ils s’assirent dans l’herbe à la bordure de la piste menant au territoire interdit. Laru sentit la jeune fille se crisper un peu.
- Vous allez bien ?
- Oui. Une légère hésitation dans la voix. C’est juste qu’ici je ne suis pas très à l’aise…
Laru se fit compréhensif. Oui, le territoire interdit…Il répondit d’un sourire au regard intrigué de Juiran. Je suis au courant des règles de votre village, vos gardes ont été assez insistants. Ce que je n’ai pas compris, c’est la raison de cet interdit.
Encore plus mal à l’aise, Juiran lui répondit qu’elle n’avait jamais su réellement, mais qu’on apprenait dès tout-petit que ceux qui s’y rendaient n’en revenaient que fous, et encore, s’ils en revenaient. Ce n’était peut-être qu’une histoire destinée à effrayer les enfants, mais dans le doute, elle avait vécu toute sa vie sans passer la frontière. Ils bavardèrent presque une heure avant qu’elle ne se décide à le suivre. Alors qu’il se relevait pour partir, le père de Juiran arriva et la força à rentrer. L’homme n’insista pas.
Le lendemain, il était parti. Personne ne chercha à savoir où. Mais Juiran, n’avait cessé de penser à lui, il avait le goût de l’interdit et de l’aventure. La nuit venue, son père veilla devant la porte pour ne pas que sa jeune fille sortit. Il s’endormit rapidement. Elle en profita, et s’enfuit en direction du territoire interdit, persuadée qu’elle y retrouverait l’étranger.
Les cris des bêtes, le vent dans les arbres et les branches qui fouettaient son visage ou s’insinuaient dans les ouvertures de ses frusques ne la dérangeaient pas. Pas plus que les odeurs inconnues ou le sol irrégulier. Même si elle voulait rebrousser chemin, elle sentait son but toujours plus proche. Son corps était tout entier à cette folle course. Une envie viscérale de retrouver l’homme de la veille. La raison de ce besoin lui échappait. Elle voulait juste avancer et être avec lui. Ne s’arrêtant ni pour boire ni pour manger, elle ne prêta aucune attention à la course de la nuit et du jour. Ce n’est que lorsque la lune éclaira son visage à nouveau, au travers d’un feuillage qu’elle reprit brutalement ses esprit. Elle tomba au sol et reprit ses esprit. Elle qui n’était jamais sortie de son village autrement que dans ses rêveries ressentit la fatigue et l’angoisse d’être perdue dans l’obscurité, seule dans les bois et dans le territoire interdit. Elle étouffa un sanglot, puis un second, avant de craquer et de ne plus retenir ses larmes. Comment une simple discussion avait pu la chambouler à ce point ? Comment avait-elle pu se laisser berner par un aventurier de passage ? Et si son père n’était pas arrivé, que se serait-il passé ? Plusieurs heures s’écoulèrent, Juiran décida de se relever et de reprendre sa marche, mais vers son village. Soudain, elle entendit un bruit sourd de branche qui craque, puis un autre, de fourrés écartés. Quelque chose approchait. Elle prit une grosse pierre pour se rassurer, la cacha dans son dos et attendit, tous ses sens en alerte.
Elle lâcha sa pierre en soufflant de soulagement quand l’aventurier apparut, tel un sauveur, le sourire aux lèvres, une torche à la main pour chasser les ombres que la lumière de la lune n’atteignait pas.
- Alors comme ça, l’oiseau a quitté son nid ? Il s’approcha, posa sa torche et serra la jeune fille contre lui pour la rassurer.
- Je ne comprends pas, j’étais chez moi, et je suis sortie. J’avais envie de te suivre, de te retrouver, de partir avec toi. Alors que je ne connais même pas ton nom ! Elle avait presque crié cette dernière phrase, comme si elle venait de se rendre compte de sa réalité en même temps qu’elle la disait. Elle chercha à s’écarter de l’homme d’un petit coup de tête et d’épaules en arrière, mais il la maintint en riant tranquillement.
- Calme-toi, je vais te ramener chez toi. Je m’appelle Laru. Les gardes m’ont demandé de partir alors je l’ai fait. J’ai eu envie de venir ici pour découvrir ce qui pouvait valoir un tel interdit dans ton village. Je crois que j’ai trouvé… Il desserra son étreinte pour qu’elle puisse reculer à son envie, mais elle ne le fit pas.
- Et alors ? Tu as trouvé quoi ?
- Le plus simple, c’est que tu me suives, tu verras. Ce n’est pas loin…
D’un signe de tête elle lui fit comprendre qu’elle acceptait. Il lui donna la torche, et ils marchèrent quelques temps, côte à côte, ignorant la nuit autour d’eux. Bientôt, il montra à la jeune fille l’entrée d’une grotte.
- Ton village craint ce qu’il y avait au fond de cette grotte.
- Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? La voix de Juiran traduisait son angoisse, elle tremblait, mais voulait savoir.
- Si tu me fais confiance, tu verras.
Juiran ne savait pas. Faire confiance à un inconnu ou croire à ce qu’on lui avait toujours dit. Découvrir que leur peur était fondée ou apprendre qu’elle avait toujours su la vérité, qu’il n’y avait rien à craindre. Finalement, elle en conclut que la seule façon de le savoir serait d’entrer, mais avec Laru à ses côtés. Il accepta, prit la torche et se mit en marche. Ils se déplacèrent dans des galeries insalubre. Mais Juiran se sentait en confiance, si Laru disait vrai, elle aurait une belle histoire à raconter à son retour. Elle ne prêtait attention qu’aux ombres sur les parois et à l’obscurité au-delà de la portée de la torche, pas aux directions choisies par son guide.
- Tu es sûr qu’on ne risque rien ?
- Evidemment. Nous arrivons. Tu vas voir.
- Et qu’est-ce que je vais voir ?
- Attends. Nous arrivons.
D’une intersection irradiait une lumière orangée. La chaleur croissait jusqu’à devenir agréable, anesthésiante. Lorsqu’ils franchirent le virage et arrivèrent dans la salle, les yeux de Juiran s’exorbitèrent. Jamais elle n’avait vu tant de merveilles réunies en un seul endroit. Jamais elle n’avait vu tant d’or, de bijoux, d’armes éblouissantes, d’objets précieux. Laru lui tint le bras et la fit avancer dans des allées dorées. Il ne l’empêcha pas de se parer de colliers et de bagues aux couleurs sublimes et à la valeur inestimable. Il s’arrêta d’un coup, sans la prévenir. Puis il pointa son doigt vers un recoin plus sombre, une petite alcôve cachée derrière un trône décoré de pierres précieuses et de gravures d’une beauté sensationnelle.
- Regarde ce trône. Ses gravures te montrent ce que craignent tes voisins et tes parents. La voix du jeune homme révélait un tel secret qu’il fallait le chuchoter. Juiran ne se sentait pas rassurée, mais la présence de Laru et de toutes les merveilles qui l’entouraient la firent avancer malgré tout. Elle fit le tour du trône et vit un œuf. Un œuf énorme, aux couleurs étranges. Une chaleur et une lumière inquiétantes pulsaient du cœur de l’œuf. Comme s’il était vivant. Elle ne sentit la dague qui lui transperça le dos et le cœur que lorsque Laru la fit tourner. Une vague de chaleur insoutenable la submergea, un bouillonnement liquide et brûlant traversant son torse pour couler sur l’œuf. La terreur l’envahit quand il commença à vibrer, en rythme avec le flot de son sang. Derrière elle, Laru la maintenait tout en psalmodiant.
Elle mourut lentement, sans se battre, sans crier. Perdue. Atrocement seule dans ses pensées. A son dernier souffle, elle vit la coquille se craqueler. Laru attendit, sur le trône, que l’œuf finit de s’ouvrir. Un dragon écarlate aux écailles gluantes apparut à ses côtés. Il lui flatta l’encolure, un sourire satisfait aux lèvres.
Dix jours plus tôt, il avait découvert cette grotte par hasard, et parmi tous les trésors, un grimoire. Il renfermait le rituel à effectuer pour devenir immortel et posséder une puissance prodigieuse, la puissance du dragon. Il ne lui restait plus qu’à nourrir sa future victime durant quelques semaines, ce n’est qu’à ce moment que le dragon né par le sang d’une vierge délivrerait son trésor.
- Oui. Oui, j’ai entendu. Vous ne voulez pas de problèmes, je n’ai droit de dormir ici qu’une seule nuit. Pas de problèmes. J’ai compris…Les deux gardes sourirent devant l’air ahuri de l’aventurier. L’un d’eux leva le menton en direction de la jeune fille.
- C’est Juiran, la plus jolie fille du village. A mon avis, vous feriez mieux de ne pas vous en approcher. Les étrangers comptant fleurette à nos filles, c’est mal vu. Sans vouloir vous offenser.
- Pas de souci. Où est-ce que je pourrais dormir ? Le regard du jeune homme ne quittait plus la silhouette de Juiran. Elle avait accéléré le pas en voyant les trois hommes l’observer. D’une oreille distraite il écouta le garde lui expliquer où dormir tandis que l’autre garde reniflait qu’ils ne désiraient pas avoir de problèmes en ville.
La nuit tombée, Jurian errait à proximité de la maison du maire, espérant croiser le bel inconnu. Il était sorti marcher sous les étoiles. Lorsqu’il la vit, il la salua, un sourire charmeur aux lèvres.
- Que fait une jeune fille comme vous dehors à une heure pareille ?
- Je suis simplement sortie prendre l’air. Et vous ?
- Pareil. Vous avez le temps de discuter ?
- Un peu je pense, avant que mes parents ne s’inquiètent…
S’éloignant des lumières fades de la place, ils s’assirent dans l’herbe à la bordure de la piste menant au territoire interdit. Laru sentit la jeune fille se crisper un peu.
- Vous allez bien ?
- Oui. Une légère hésitation dans la voix. C’est juste qu’ici je ne suis pas très à l’aise…
Laru se fit compréhensif. Oui, le territoire interdit…Il répondit d’un sourire au regard intrigué de Juiran. Je suis au courant des règles de votre village, vos gardes ont été assez insistants. Ce que je n’ai pas compris, c’est la raison de cet interdit.
Encore plus mal à l’aise, Juiran lui répondit qu’elle n’avait jamais su réellement, mais qu’on apprenait dès tout-petit que ceux qui s’y rendaient n’en revenaient que fous, et encore, s’ils en revenaient. Ce n’était peut-être qu’une histoire destinée à effrayer les enfants, mais dans le doute, elle avait vécu toute sa vie sans passer la frontière. Ils bavardèrent presque une heure avant qu’elle ne se décide à le suivre. Alors qu’il se relevait pour partir, le père de Juiran arriva et la força à rentrer. L’homme n’insista pas.
Le lendemain, il était parti. Personne ne chercha à savoir où. Mais Juiran, n’avait cessé de penser à lui, il avait le goût de l’interdit et de l’aventure. La nuit venue, son père veilla devant la porte pour ne pas que sa jeune fille sortit. Il s’endormit rapidement. Elle en profita, et s’enfuit en direction du territoire interdit, persuadée qu’elle y retrouverait l’étranger.
Les cris des bêtes, le vent dans les arbres et les branches qui fouettaient son visage ou s’insinuaient dans les ouvertures de ses frusques ne la dérangeaient pas. Pas plus que les odeurs inconnues ou le sol irrégulier. Même si elle voulait rebrousser chemin, elle sentait son but toujours plus proche. Son corps était tout entier à cette folle course. Une envie viscérale de retrouver l’homme de la veille. La raison de ce besoin lui échappait. Elle voulait juste avancer et être avec lui. Ne s’arrêtant ni pour boire ni pour manger, elle ne prêta aucune attention à la course de la nuit et du jour. Ce n’est que lorsque la lune éclaira son visage à nouveau, au travers d’un feuillage qu’elle reprit brutalement ses esprit. Elle tomba au sol et reprit ses esprit. Elle qui n’était jamais sortie de son village autrement que dans ses rêveries ressentit la fatigue et l’angoisse d’être perdue dans l’obscurité, seule dans les bois et dans le territoire interdit. Elle étouffa un sanglot, puis un second, avant de craquer et de ne plus retenir ses larmes. Comment une simple discussion avait pu la chambouler à ce point ? Comment avait-elle pu se laisser berner par un aventurier de passage ? Et si son père n’était pas arrivé, que se serait-il passé ? Plusieurs heures s’écoulèrent, Juiran décida de se relever et de reprendre sa marche, mais vers son village. Soudain, elle entendit un bruit sourd de branche qui craque, puis un autre, de fourrés écartés. Quelque chose approchait. Elle prit une grosse pierre pour se rassurer, la cacha dans son dos et attendit, tous ses sens en alerte.
Elle lâcha sa pierre en soufflant de soulagement quand l’aventurier apparut, tel un sauveur, le sourire aux lèvres, une torche à la main pour chasser les ombres que la lumière de la lune n’atteignait pas.
- Alors comme ça, l’oiseau a quitté son nid ? Il s’approcha, posa sa torche et serra la jeune fille contre lui pour la rassurer.
- Je ne comprends pas, j’étais chez moi, et je suis sortie. J’avais envie de te suivre, de te retrouver, de partir avec toi. Alors que je ne connais même pas ton nom ! Elle avait presque crié cette dernière phrase, comme si elle venait de se rendre compte de sa réalité en même temps qu’elle la disait. Elle chercha à s’écarter de l’homme d’un petit coup de tête et d’épaules en arrière, mais il la maintint en riant tranquillement.
- Calme-toi, je vais te ramener chez toi. Je m’appelle Laru. Les gardes m’ont demandé de partir alors je l’ai fait. J’ai eu envie de venir ici pour découvrir ce qui pouvait valoir un tel interdit dans ton village. Je crois que j’ai trouvé… Il desserra son étreinte pour qu’elle puisse reculer à son envie, mais elle ne le fit pas.
- Et alors ? Tu as trouvé quoi ?
- Le plus simple, c’est que tu me suives, tu verras. Ce n’est pas loin…
D’un signe de tête elle lui fit comprendre qu’elle acceptait. Il lui donna la torche, et ils marchèrent quelques temps, côte à côte, ignorant la nuit autour d’eux. Bientôt, il montra à la jeune fille l’entrée d’une grotte.
- Ton village craint ce qu’il y avait au fond de cette grotte.
- Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? La voix de Juiran traduisait son angoisse, elle tremblait, mais voulait savoir.
- Si tu me fais confiance, tu verras.
Juiran ne savait pas. Faire confiance à un inconnu ou croire à ce qu’on lui avait toujours dit. Découvrir que leur peur était fondée ou apprendre qu’elle avait toujours su la vérité, qu’il n’y avait rien à craindre. Finalement, elle en conclut que la seule façon de le savoir serait d’entrer, mais avec Laru à ses côtés. Il accepta, prit la torche et se mit en marche. Ils se déplacèrent dans des galeries insalubre. Mais Juiran se sentait en confiance, si Laru disait vrai, elle aurait une belle histoire à raconter à son retour. Elle ne prêtait attention qu’aux ombres sur les parois et à l’obscurité au-delà de la portée de la torche, pas aux directions choisies par son guide.
- Tu es sûr qu’on ne risque rien ?
- Evidemment. Nous arrivons. Tu vas voir.
- Et qu’est-ce que je vais voir ?
- Attends. Nous arrivons.
D’une intersection irradiait une lumière orangée. La chaleur croissait jusqu’à devenir agréable, anesthésiante. Lorsqu’ils franchirent le virage et arrivèrent dans la salle, les yeux de Juiran s’exorbitèrent. Jamais elle n’avait vu tant de merveilles réunies en un seul endroit. Jamais elle n’avait vu tant d’or, de bijoux, d’armes éblouissantes, d’objets précieux. Laru lui tint le bras et la fit avancer dans des allées dorées. Il ne l’empêcha pas de se parer de colliers et de bagues aux couleurs sublimes et à la valeur inestimable. Il s’arrêta d’un coup, sans la prévenir. Puis il pointa son doigt vers un recoin plus sombre, une petite alcôve cachée derrière un trône décoré de pierres précieuses et de gravures d’une beauté sensationnelle.
- Regarde ce trône. Ses gravures te montrent ce que craignent tes voisins et tes parents. La voix du jeune homme révélait un tel secret qu’il fallait le chuchoter. Juiran ne se sentait pas rassurée, mais la présence de Laru et de toutes les merveilles qui l’entouraient la firent avancer malgré tout. Elle fit le tour du trône et vit un œuf. Un œuf énorme, aux couleurs étranges. Une chaleur et une lumière inquiétantes pulsaient du cœur de l’œuf. Comme s’il était vivant. Elle ne sentit la dague qui lui transperça le dos et le cœur que lorsque Laru la fit tourner. Une vague de chaleur insoutenable la submergea, un bouillonnement liquide et brûlant traversant son torse pour couler sur l’œuf. La terreur l’envahit quand il commença à vibrer, en rythme avec le flot de son sang. Derrière elle, Laru la maintenait tout en psalmodiant.
Elle mourut lentement, sans se battre, sans crier. Perdue. Atrocement seule dans ses pensées. A son dernier souffle, elle vit la coquille se craqueler. Laru attendit, sur le trône, que l’œuf finit de s’ouvrir. Un dragon écarlate aux écailles gluantes apparut à ses côtés. Il lui flatta l’encolure, un sourire satisfait aux lèvres.
Dix jours plus tôt, il avait découvert cette grotte par hasard, et parmi tous les trésors, un grimoire. Il renfermait le rituel à effectuer pour devenir immortel et posséder une puissance prodigieuse, la puissance du dragon. Il ne lui restait plus qu’à nourrir sa future victime durant quelques semaines, ce n’est qu’à ce moment que le dragon né par le sang d’une vierge délivrerait son trésor.
jeudi 14 janvier 2010
Les chronolites de R.C Wilson
Les Chronolites.
Rien que le titre et la couverture (chez folio SF et chez Denoël) m'ont attirés. Un énorme monolithe noir qui trône fièrement le long de la muraille (de Chine?).
Bref, le pitch de base est une petite perle: Des monolithes ou des statues gigantesques apparaissent à différents endroits de la Terre en plusieurs années. Ces monuments annoncent la victoire de Kuin, seigneur de guerre sur le monde dans une vingtaine d'années. Qui est ce Kuin? Que va-t-il se passer?
Lorsque le premier monolithe arrive, des gens sont sur place et constatent qu'un gigantesque monument (on parle parfois de centaines de mètres de haut) est apparu sans prévenir. Le narrateur était là et est encore là une fois que les vingt années sont écoulées. Il raconte l'histoire telle qu'il l'a vécue. Il raconte les événements à sa façon, c'est à dire en s'intéressant à des choses et moins à d'autres. On est dans une histoire "personnelle" même si elle touche l'humanité entière. Ce récit est donc une sorte de témoignage. Ce qui rend l'histoire plus vivante, plus "crédible". On est avec les personnages, on ressent ce qu'il vit, ce qu'il ressent... Et surtout, ça permet de ne s'intéresser qu'aux moments qui ont marqué le narrateur, de passer sous silence les autres, ceux qui potentiellement seraient moins intéressants. Donc l'histoire est découpée de sorte à ce que l'attention du lecteur ne diminue pas.
L'histoire en elle-même part donc de ce pitch assez simple, des monuments du futur sont envoyés dans le passé (notre présent). Est-ce que le futur est réellement écrit? Est-ce que ce sont nos actes qui vont entraîner cet avenir ou pas? Est-ce qu'on est destiné ou non à laisser ce Kuin faire ce qu'il annonce? Le narrateur va retrouver une de ses profs de fac, qui se révèle être une sommité dans l'étude de la causalité et qui va s'intéresser à ces chronolithes... Et là, on se retrouve imbriqué dans des réflexions plus que prenantes sur le hasard, la causalité, le rapport au temps. Pour un peu, j'aurais aimé que ce livre ne s'arrête pas, continue de m'amener des pistes de réflexions.
Le style de Wilson (comme dans les fils du vent) est parfaitement maîtrisé. C'est à dire qu'il rend crédibles des personnages aussi bien masculins que féminins, riches que pauvres, idiots qu'intelligents. Ses dialogues sont justes et les réactions qu'ils entraînent aussi.
Le découpage tant de l'histoire que de ses scènes est efficace, même si par moments j'ai ressenti la volonté de faire des "effets" (Dans une scène "d'action" on apprend ce qu'il se passe ailleurs, mais on revient dans la scène précédente alors que la scène se déroulant ailleurs n'est pas "terminée", histoire de laisser un suspens factice.).
Le scénario est prenant, on a envie de dénouer les fils, de comprendre où veut nous mener l'auteur, on a envie de "comprendre" plus vite, aussi bien que le narrateur... Bref, on ne décroche pas un instant du livre.
J'ai trouvé la fin un peu trop rapide, genre cheveu dans ma purée (c'est pas dramatique, on s'en remet vite, pas comme dans la soupe où on se brûle les doigts et où le cheveu glisse), mais sans pour autant nuire au livre.
Bref, un livre que je conseillerais à ceux qui ont aimé Rollback, qui aiment réfléchir sur la notion de cause à effet, sur le temps, et sur quelques autres points liés à l'histoire...
Un très bon livre de SF!
Rien que le titre et la couverture (chez folio SF et chez Denoël) m'ont attirés. Un énorme monolithe noir qui trône fièrement le long de la muraille (de Chine?).
Bref, le pitch de base est une petite perle: Des monolithes ou des statues gigantesques apparaissent à différents endroits de la Terre en plusieurs années. Ces monuments annoncent la victoire de Kuin, seigneur de guerre sur le monde dans une vingtaine d'années. Qui est ce Kuin? Que va-t-il se passer?
Lorsque le premier monolithe arrive, des gens sont sur place et constatent qu'un gigantesque monument (on parle parfois de centaines de mètres de haut) est apparu sans prévenir. Le narrateur était là et est encore là une fois que les vingt années sont écoulées. Il raconte l'histoire telle qu'il l'a vécue. Il raconte les événements à sa façon, c'est à dire en s'intéressant à des choses et moins à d'autres. On est dans une histoire "personnelle" même si elle touche l'humanité entière. Ce récit est donc une sorte de témoignage. Ce qui rend l'histoire plus vivante, plus "crédible". On est avec les personnages, on ressent ce qu'il vit, ce qu'il ressent... Et surtout, ça permet de ne s'intéresser qu'aux moments qui ont marqué le narrateur, de passer sous silence les autres, ceux qui potentiellement seraient moins intéressants. Donc l'histoire est découpée de sorte à ce que l'attention du lecteur ne diminue pas.
L'histoire en elle-même part donc de ce pitch assez simple, des monuments du futur sont envoyés dans le passé (notre présent). Est-ce que le futur est réellement écrit? Est-ce que ce sont nos actes qui vont entraîner cet avenir ou pas? Est-ce qu'on est destiné ou non à laisser ce Kuin faire ce qu'il annonce? Le narrateur va retrouver une de ses profs de fac, qui se révèle être une sommité dans l'étude de la causalité et qui va s'intéresser à ces chronolithes... Et là, on se retrouve imbriqué dans des réflexions plus que prenantes sur le hasard, la causalité, le rapport au temps. Pour un peu, j'aurais aimé que ce livre ne s'arrête pas, continue de m'amener des pistes de réflexions.
Le style de Wilson (comme dans les fils du vent) est parfaitement maîtrisé. C'est à dire qu'il rend crédibles des personnages aussi bien masculins que féminins, riches que pauvres, idiots qu'intelligents. Ses dialogues sont justes et les réactions qu'ils entraînent aussi.
Le découpage tant de l'histoire que de ses scènes est efficace, même si par moments j'ai ressenti la volonté de faire des "effets" (Dans une scène "d'action" on apprend ce qu'il se passe ailleurs, mais on revient dans la scène précédente alors que la scène se déroulant ailleurs n'est pas "terminée", histoire de laisser un suspens factice.).
Le scénario est prenant, on a envie de dénouer les fils, de comprendre où veut nous mener l'auteur, on a envie de "comprendre" plus vite, aussi bien que le narrateur... Bref, on ne décroche pas un instant du livre.
J'ai trouvé la fin un peu trop rapide, genre cheveu dans ma purée (c'est pas dramatique, on s'en remet vite, pas comme dans la soupe où on se brûle les doigts et où le cheveu glisse), mais sans pour autant nuire au livre.
Bref, un livre que je conseillerais à ceux qui ont aimé Rollback, qui aiment réfléchir sur la notion de cause à effet, sur le temps, et sur quelques autres points liés à l'histoire...
Un très bon livre de SF!
dimanche 26 juillet 2009
Rollback de Robert J. Sawyer
Rollback. Un livre que j'ai eu la chance de lire avant sa sortie et qui en me plus à le mérite de m'avoir fait passé un sacré bon moment!
Au départ, paru en quatre morceau chez nos amis d'outre flaque (les canadiens), il sera édité par Robert Laffont en Septembre 2009 si tout se passe bien.
Alors commençons de façon organisée, et résumons rapidement l'histoire. Un couple d'octogénaires fête ses soixante ans de mariage en 2048 lorsque Sarah reçoit un appel de téléphone. En 2009 un message des Dracons, arrive sur Terre, elle est celle qui parvient à décoder le message. En 2048, on reçoit à nouveau la réponse des Dracons, mais Sarah est bien trop vieille pour avoir une chance d'y répondre avant que la mort ne l'attrape. Mc Gavin, un très très riche industriel propose un rollback au couple (on va dire), ainsi ils pourront tous les deux revenir à leurs 25 ans et elle pourra traduire le message "sereinement". Hélas, ça ne fonctionne que sur Don, le mari. Alors que lui, il ne sert "à rien" dans le décodage ou la science. On va ainsi suivre l'évolution du couple et des deux principaux protagonistes, ainsi que l'avancée de l'histoire pour traduire le message et le renvoyer...
Ce qui est intéressant dans un premier temps, ça va être de réussir à classer ce livre. En S.F. simplement parce qu'il se déroule dans le futur et qu'on peut "rajeunir" et qu'il y a un robot... Mais franchement, c'est loin d'être le thème de l'histoire. Et 2048 ce n'est pas suffisamment loin pour se "lâcher" plus que l'auteur l'a fait. Je veux dire par là que le roman peut être lu même par des gens qui n'aiment pas la S.F. a priori. Pourquoi?
Alors. Tout d'abord, c'est l'histoire d'un couple d'octogénaires, des gens fêtant 60 ans de mariage et ayant une "vie à raconter". On s'accroche dès le départ à ces petits vieux, on se surprend à "penser comme eux" ou à les comprendre. On va suivre l'évolution de leur couple, mais sans tomber dans le roman à l'eau de rose, loin de là. On dévore les pages une-à-une sans s'arrêter.
De plus ce livre, plutôt que d'être chargé d'effets spéciaux et d'être seulement centré sur une relation humaine, offre de nombreuses pistes de réflexion. Des pistes débattues en ce moment ou qui pourront l'être d'ici peu (je ne suis pas assez calé en science ou en philo pour savoir si c'est pas déjà débattu aux states). Toujours est-il qu'on réfléchit sur des nombreuses questions scientifiques et/ou philosophiques. Une bonne réflexion nous est permise tant sur le fait d'être humain, l'espace, la métaphysique... Bref, les lecteurs les plus "sérieux" trouveront ici de quoi se faire plaisir :)
On va un stade plus loin et on parle de l'anticipation. S'il n'y a qu'un robot dans l'histoire, on sait qu'ils existent déjà, et dans ce livre, ils sont "serviteurs domestiques", c'est à dire qu'on sent bien qu'on est "au début". De même le Rollback coûte tellement cher qu'on doit pouvoir dire qu'il n'y a pas eu 20 personnes pour en profiter (je crois). Bref, on est dans de l'anticipation qui reste fichtrement crédible. Ce n'est qu'à la fin que l'auteur se permet d'aller un peu plus loin, et là, on sent qu'il est canadien (Il est "gentil" ce type^^)
Parlons du style quand même. Sawyer, je ne le connaissais pas mais d'emblée j'ai été charmé par son style. Le roman est agréable à lire, "naturel" on pourrait dire. Les phrases s'écoulent d'elles-mêmes, on navigue sans se perdre, sans avoir besoin de repartir en arrière. Même les passages "philosophiques ou scientifiques" sont accessibles et compréhensible (ma chérie en a lu un, elle l'a aimé^^). Ce livre est donc une petite perle, un petit moment de bonheur tant il permet de s'évader.
Au final, j'ai beaucoup aimé Rollback, pas tant pour l'histoire que pour les nombreuses idées qui y sont développées et qui m'ont amené à réfléchir. J'ai l'impression que l'histoire ne sert qu'à appuyer ces idées, à permettre au lecteur de se poser certaines questions qu'il aurait pu ne pas se poser jusque là... Pourtant... Pourtant l'histoire est vraiment là, elle existe et donne, elle aussi des bons souvenirs, de ces souvenirs dont on se souvient plus tard sans savoir si c'était dans un film ou un livre qu'on l'a vu/lu...
J'ai aimé l'idée de l'horloge du petit maintenant, des pixels et de l'univers, du temps et de sa perception selon l'âge, la citation de Seinfeld, la chauve-souris de Nagel, la relativité et la perception du monde... Et j'en passe...
Je remercie donc l'auteur pour ce livre et je compte bien le conseiller souvent à sa sortie!
Au départ, paru en quatre morceau chez nos amis d'outre flaque (les canadiens), il sera édité par Robert Laffont en Septembre 2009 si tout se passe bien.
Alors commençons de façon organisée, et résumons rapidement l'histoire. Un couple d'octogénaires fête ses soixante ans de mariage en 2048 lorsque Sarah reçoit un appel de téléphone. En 2009 un message des Dracons, arrive sur Terre, elle est celle qui parvient à décoder le message. En 2048, on reçoit à nouveau la réponse des Dracons, mais Sarah est bien trop vieille pour avoir une chance d'y répondre avant que la mort ne l'attrape. Mc Gavin, un très très riche industriel propose un rollback au couple (on va dire), ainsi ils pourront tous les deux revenir à leurs 25 ans et elle pourra traduire le message "sereinement". Hélas, ça ne fonctionne que sur Don, le mari. Alors que lui, il ne sert "à rien" dans le décodage ou la science. On va ainsi suivre l'évolution du couple et des deux principaux protagonistes, ainsi que l'avancée de l'histoire pour traduire le message et le renvoyer...
Ce qui est intéressant dans un premier temps, ça va être de réussir à classer ce livre. En S.F. simplement parce qu'il se déroule dans le futur et qu'on peut "rajeunir" et qu'il y a un robot... Mais franchement, c'est loin d'être le thème de l'histoire. Et 2048 ce n'est pas suffisamment loin pour se "lâcher" plus que l'auteur l'a fait. Je veux dire par là que le roman peut être lu même par des gens qui n'aiment pas la S.F. a priori. Pourquoi?
Alors. Tout d'abord, c'est l'histoire d'un couple d'octogénaires, des gens fêtant 60 ans de mariage et ayant une "vie à raconter". On s'accroche dès le départ à ces petits vieux, on se surprend à "penser comme eux" ou à les comprendre. On va suivre l'évolution de leur couple, mais sans tomber dans le roman à l'eau de rose, loin de là. On dévore les pages une-à-une sans s'arrêter.
De plus ce livre, plutôt que d'être chargé d'effets spéciaux et d'être seulement centré sur une relation humaine, offre de nombreuses pistes de réflexion. Des pistes débattues en ce moment ou qui pourront l'être d'ici peu (je ne suis pas assez calé en science ou en philo pour savoir si c'est pas déjà débattu aux states). Toujours est-il qu'on réfléchit sur des nombreuses questions scientifiques et/ou philosophiques. Une bonne réflexion nous est permise tant sur le fait d'être humain, l'espace, la métaphysique... Bref, les lecteurs les plus "sérieux" trouveront ici de quoi se faire plaisir :)
On va un stade plus loin et on parle de l'anticipation. S'il n'y a qu'un robot dans l'histoire, on sait qu'ils existent déjà, et dans ce livre, ils sont "serviteurs domestiques", c'est à dire qu'on sent bien qu'on est "au début". De même le Rollback coûte tellement cher qu'on doit pouvoir dire qu'il n'y a pas eu 20 personnes pour en profiter (je crois). Bref, on est dans de l'anticipation qui reste fichtrement crédible. Ce n'est qu'à la fin que l'auteur se permet d'aller un peu plus loin, et là, on sent qu'il est canadien (Il est "gentil" ce type^^)
Parlons du style quand même. Sawyer, je ne le connaissais pas mais d'emblée j'ai été charmé par son style. Le roman est agréable à lire, "naturel" on pourrait dire. Les phrases s'écoulent d'elles-mêmes, on navigue sans se perdre, sans avoir besoin de repartir en arrière. Même les passages "philosophiques ou scientifiques" sont accessibles et compréhensible (ma chérie en a lu un, elle l'a aimé^^). Ce livre est donc une petite perle, un petit moment de bonheur tant il permet de s'évader.
Au final, j'ai beaucoup aimé Rollback, pas tant pour l'histoire que pour les nombreuses idées qui y sont développées et qui m'ont amené à réfléchir. J'ai l'impression que l'histoire ne sert qu'à appuyer ces idées, à permettre au lecteur de se poser certaines questions qu'il aurait pu ne pas se poser jusque là... Pourtant... Pourtant l'histoire est vraiment là, elle existe et donne, elle aussi des bons souvenirs, de ces souvenirs dont on se souvient plus tard sans savoir si c'était dans un film ou un livre qu'on l'a vu/lu...
J'ai aimé l'idée de l'horloge du petit maintenant, des pixels et de l'univers, du temps et de sa perception selon l'âge, la citation de Seinfeld, la chauve-souris de Nagel, la relativité et la perception du monde... Et j'en passe...
Je remercie donc l'auteur pour ce livre et je compte bien le conseiller souvent à sa sortie!
mardi 5 mai 2009
Explications des deux textes
Ouais je sais. J'aurais pitêtre pas dû écrire sur ce thème. Mais j'ai eu ces images en entendant cet "hallucinant fait divers" aujourd'hui! Comment peut-on tuer comme ça autant de personnes dans un espace si réduit. Ce n'est pas un comment "pratique", mais psychologique... J'ai eu des images en tête que je n 'ai pas vraiment cherché à vous donner, mais l'idée de base est là.
Je suis désolé si ça peut gêner des gens, mais bon, ça devait sortir et c'est simplement comme ça que ça sort...
Je suis désolé si ça peut gêner des gens, mais bon, ça devait sortir et c'est simplement comme ça que ça sort...
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